Le tome 1 : la réédition

Un premier roman n’est jamais aussi bon qu’on le voudrait. Il souffre d’un tas de petits défauts, des détails auxquels, en tant que jeune auteur impulsif et autodidacte, on ne pourrait avoir prêté attention. Et cela est vrai autant sur le fond que sur la forme. C’est bien pour cette raison que l’on en arrive à vouloir écrire d’autres livres, aussi. Dans l’espoir de faire mieux, de trouver l’histoire parfaite, celle que l’on aurait voulu vivre, ou lire. Car on ne peut être écrivain sans être lecteur aussi.

Le premier tirage de la première version de Paradoxes 1 atteignait les 300 exemplaires. Je n’ai pas attendu d’avoir épuisé le stock avant de le réimprimer, un an plus tard.

Dans l’autoédition, votre rapport à votre propre livre doit être positif pour qu’il marche, car c’est vous qui allez devoir le défendre auprès de vos lecteurs, en faire la promo, le mettre dans les mains des gens. Vous serez auteur, éditeur, graphiste, community manager, libraire, comptable. Et mine de rien, ce n’est pas de tout repos. Ceux qui travaillent dans la vente savent que vendre un article que l’on n’aime pas, ce n’est pas inné. Spontanément, votre corps exprimera d’une façon ou d’une autre votre désintérêt pour la marchandise qui ne vous plaît pas. C’est un exercice très compliqué, de prétendre défendre un objet, quand on ne l’aime pas soi-même, alors imaginez si c’est votre propre livre…

Aujourd’hui, j’aime ce que j’ai fait de Paradoxes, mais ce ne fut pas toujours le cas pendant la première année. La version que nous avions imprimée avec l’ASBL de promotion artistique recelait de nombreuses fautes de frappe, et erreurs de mise en page. Dès que je le remarquai, c’était terminé, je ne pouvais plus le vendre. Je ne pouvais plus accepter de le donner à un lecteur, le confronter à des erreurs d’édition si énormes qu’elles me semblaient dépasser en valeur les qualités du texte et de l’histoire. C’est pour cette raison que j’ai limité les salons en 2016.

En travaillant sur l’édition de mon tome 2, j’ai réalisé qu’en effet, il y avait de nombreux détails que je pourrais améliorer très facilement dans le premier, et donc, dès que j’eus terminé de préparer le tome 2 pour l’imprimeur, je me suis replongée dans le tome 1, et j’ai enfin fait le travail de l’éditeur. Pour cela, je remercie l’application Antidote, qui fut mon meilleur ami durant cette fin d’année.

Dans mon entourage, beaucoup de gens m’ont alors demandé  : « tu as retravaillé le premier tome ? Ça veut dire que je vais devoir le relire ? ». J’ai eu peur, à ce moment, d’avoir fait une erreur monumentale en le réécrivant. Je craignais de perdre un lectorat, de donner une impression de manque de professionnalisme. Mais je jugeais que continuer de vendre l’ancienne édition en connaissant ses nombreuses (trop nombreuses) failles et erreurs constituerait un encore plus grand manque de sérieux.

Je pense avoir bien fait de le réécrire, en fin de compte. Je n’ai pas touché à la trame, si ce n’est en ajoutant une scène, et je n’ai fait qu’approfondir certains détails, marquer un peu plus le décor, même si, en toute honnêteté, j’aurais pu le réécrire depuis le début, changer l’histoire pour qu’elle soit plus logique, plus réfléchie encore. Mais ça, pour moi, ça n’aurait pas été respectueux des lecteurs de la première édition.

Ainsi, Paradoxes aura toujours des défauts. Mais il sera aussi toujours mon premier roman.

C’est aussi pour cette raison que je désire continuer de publier la série en auto-édition. Elle me sert de milieu d’expérimentation, et me permet de me lâcher dans tous les concepts que je désire aborder.

En conclusion de cette aventure, je conseillerais à tous ceux qui veulent se lancer dans l’auto-édition de ne le faire qu’à condition d’être bien entouré. N’oubliez pas que seul face à votre travail, vous ne parviendrez jamais à en saisir toutes les subtilités. Le regard de l’éditeur est essentiel à un moment de la rédaction d’un roman. Gardez aussi à l’esprit que tout avis sur la littérature est subjectif. Au final, c’est vous l’auteur. 🙂

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