En relisant mon article d’hier, j’ai réalisé qu’il aurait fallu que je prenne un peu de recul avant de le publier, car quelques personnes m’ont partagé un sentiment d’inquiétude après l’avoir lu. J’ai principalement réalisé que cela donnait une mauvaise image de l’édition de manière générale, et mon but n’était certainement pas d’effrayer les jeunes auteurs. Je le voyais plutôt comme un avertissement : la parole de l’auteur vaut autant que celle de l’éditeur, à condition que l’on soit prêt à se remettre en question des deux côtés. Dites ce que vous pensez car une première édition est toujours très importante. Autant mettre tous les atouts de votre côté pour en tirer de la satisfaction à sa sortie. Si vous n’êtes pas content de votre livre car vous avez mordu sur votre chique et accepté des choses qui vous dérangeaient, cela deviendra difficile de défendre votre livre, comme je l’ai dit dans un article précédent sur Paradoxes.

Je ne veux pas dire à tout prix : « tentez l’autoédition, votre avis est forcément le meilleur ». Car non, tout le monde n’est pas forcément capable de prendre à sa charge l’entière création d’un livre. Ça demande du temps et du travail, beaucoup de connaissances dans tous les aspects de l’édition, ou en tout cas une grande capacité d’apprentissage en autodidacte, et une facilité à se débrouiller seul.

Personnellement, j’ai plusieurs gros défauts : je suis mauvaise gestionnaire (que ce soit du temps ou de la paperasse), et je n’aime pas tellement faire la promo de mon propre livre, pour n’en citer que deux. Mais l’autoédition m’a appris énormément, et m’a forcée à dépasser mes limites. J’ai la chance avec ça d’avoir un compagnon patient, positif et confiant.

Avoir la possibilité de travailler avec un éditeur, c’est une chance, surtout de nos jours. Les manuscrits fleurissent de tous les côtés, beaucoup de gens nourrissent l’espoir de devenir écrivains, et je pense que seuls les bons (et il y a plusieurs manières de l’être) réussiront véritablement. Parce qu’il y a des réalités de la profession dont on ne peut prendre conscience qu’en y étant confronté. L’éditeur qui acceptera votre texte aura, a priori, une connaissance précise des genres qu’il édite, et pourra critiquer votre récit autant sur le fond que sur la forme. Si l’éditeur a, en plus de ça, un comité de lecture derrière lui, son avis sera nuancé par celui des autres lecteurs. Et s’il a le temps de critiquer en détail votre texte, il pourra vous apporter des pistes solides et intéressantes pour retravailler vos romans. Ainsi, même si votre texte est refusé à la première soumission, vous saurez sur quels points travailler pour la prochaine fois. S’il est accepté, ce sera peut-être « sous réserve de X changements », dont vous pourrez discuter avec l’éditeur au fil de la correction.

Il y a d’autres points positifs à travailler avec un éditeur : les amateurs de leur catalogue s’intéresseront spontanément à votre roman s’il est dans la lignée des autres ouvrages édités. Je pense qu’on développe tous de l’affection pour les maisons d’édition dont on aime les ouvrages. Aussi, l’éditeur se chargera par exemple d’envoyer des services presse à ses partenaires, libraires et blogueurs. Votre roman se fera connaître, pour le meilleur et pour le pire ! La structure se chargera également de défendre votre ouvrage, et servira de bon appui.

À mon sens, l’édition doit bien plus se rapprocher du mécénat que d’une industrie visant à générer de l’argent. C’est pourquoi j’ai personnellement envie de privilégier les petites structures aux grosses maisons d’éditions.

À nouveau, je ne veux effrayer personne. 😉 Le métier d’écrivain, c’est le métier de mes rêves, et tous les désagréments qui arrivent en chemin n’égalent pas le plaisir que procure l’écriture. Aussi, c’est dans les salons et auprès de mes lecteurs que j’ai fait les plus belles rencontres. Au-delà du plaisir d’obtenir du succès (je n’y suis pas encore :p), ce sont l’échange, le partage et les contacts humains qui comptent véritablement.

 

 

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