Beaucoup de gens me disent : « bravo, tu as réussi à écrire un roman entier ! » (et aujourd’hui même un peu plus qu’un). Même parmi mes collègues libraires, j’ai déjà rencontré ce genre de réactions après la parution de mon premier tome. Pourtant, je ne jugeais pas cela un exercice particulièrement compliqué, ayant déjà écrit plusieurs fanfictions, certaines courtes, d’autres plus longues. Je crois que je me voilais un peu la face, quand j’y réfléchis. 🐱

En revanche, je ressentais malgré tout une forme de fierté, il faut l’avouer, car en effet, les mots que j’avais écrits se retrouvaient enfin sous forme de livre, un objet fini avec une couverture, des pages, des chapitres, un titre.

Ce n’était qu’un premier tome, donc je savais que la vraie difficulté résiderait dans l’écriture de la suite, et surtout dans le fait de tenir le rythme jusqu’au bout de la saga. Aujourd’hui encore, j’en veux à la moi du passé d’avoir fait certains choix d’écriture pour ce premier volet, mais je m’accroche car l’histoire ne cesse de gagner en profondeur et en richesse au fil de mon écriture.

J’ai eu envie, du coup, de vous donner quelques conseils pour bien démarrer l’écriture d’un projet. La plupart des astuces que j’ai à donner tombent un peu sous le sens quand on connait les réalités de l’écriture d’un roman, et se découvrent à l’instinct au fil de son apprentissage d’auteur. Il existe certainement des milliers de blogs qui parlent de ce sujet et vous aurez certainement autant de conseils que d’écrivains, autant d’astuces que d’auteurs. Comme pour l’écriture d’un roman, ce qui est important n’est pas seulement l’originalité, mais bien d’arriver à trouver les mots justes qui toucheront le lecteur. 😉

Avant d’écrire quoi que ce soit

Il ne sert à rien de se mettre devant son ordinateur ou un carnet, et de se dire qu’on va écrire un roman, sans savoir ce que l’on désire raconter, dire, exprimer…

  1. Pensez d’abord à une idée. Simple, facilement résumée, elle doit être limpide. Ne vous lancez pas dans le tortueux dès l’étape une, ça viendra bien assez vite.
  2. Laissez à votre idée le temps de germer, ne la forcez pas. Quand vous voyez des images qui vous plaisent, ou que vous lisez un roman que vous aimez, demandez-vous si cela pourrait coller à votre idée. (On invente très peu quand on écrit son premier roman, on recycle beaucoup ce que l’on a vu ou lu)
  3. Diversifiez vos sources d’inspiration ! Musique, romans, séries télé, films, mangas, la vie de tous les jours, la nature, les évolutions scientifiques, les mythes et légendes,…
  4. Faites des recherches sur les sujets qui vous intéressent. Je ne veux pas dire que vous devez écrire une thèse, mais vous devez en tout cas éveiller votre curiosité et chercher des liens que les gens qui n’inventent pas d’histoires ne voient pas. Vous entendez un mot que vous ne connaissez pas ? Allez regarder sur Google. À l’heure actuelle, nous avons un magnifique outil de travail à notre disposition quasi en permanence, nous les auteurs. ^^
  5. Quand vous lisez les romans de quelqu’un d’autre, essayez de vous sensibiliser à la langue, aux constructions de phrases. Demandez-vous pourquoi le récit marche. On apprend beaucoup par mimétisme !

La prise de notes

  1. Avant de passer à l’écriture du roman à proprement parler, essayez d’écrire des textes courts. Mettez-vous des challenges. L’écriture s’apprend, s’exerce, se travaille, comme le dessin ou la musique.
  2. Prenez notes de toutes vos idées, même les plus nulles. Si ça peut vous aider, formulez vos questions sur papier, pour les garder à l’esprit. (Dans mes notes de préparation d’écriture, je me pose souvent des questions du type : « pourquoi le personnage va-t-il à gauche ? ». Cela permet de bien comprendre ses personnages, et les tenants et aboutissants de chaque élément de votre histoire).
  3. Si vous êtes quelqu’un de structuré, faites des fiches de personnages et de lieux. Indiquez-y tout ce qui est en rapport avec le sujet de la fiche. Pour les personnages, vous pouvez même écrire des textes courts sur leur histoire avant l’histoire. Cela donnera de la profondeur à ces individus, cela les rendra, si pas réalistes, en tout cas crédibles. Les personnages ont une vie en dehors des scènes que vous écrivez dans votre roman. Établissez des liens entre les personnages et les lieux, créez des liens affectifs.
  4. Ne validez encore RIEN de votre histoire si ce n’est la situation initiale et les caractéristiques de vos personnages. Essayez de viser une fin particulière ou des scènes clefs, mais laissez à vos personnages l’occasion de vivre et d’expérimenter.

Et enfin, l’écriture

Ce n’est pas grave si tout n’est pas bien fixé dans votre tête au moment d’écrire. Il n’est jamais trop tard pour revenir en arrière, ajouter ou supprimer des détails, changer et réarranger vos scènes. Cela dit, ne soyez pas trop dur avec vous-même.

Un petit exemple : ma sœur travaille depuis dix ans sur un roman, qui a évolué autant qu’elle au cours de ces années. Sans cesse, elle repousse l’échéance de l’écriture du mot FIN car elle trouve toujours un détail à changer, une scène à modifier, un personnage à transformer pour le rendre plus adéquat au récit. Je ne dis pas que ce n’est pas une bonne manière de fonctionner, mais cela peut être très dur émotionnellement pour l’écrivain. Une remise en question constante peut finir par décourager et pousser à l’abandon des projets qui pourtant auraient bien du potentiel. Acceptez qu’un premier roman n’est qu’un premier, pas un dernier, surtout si vous aimez écrire au point de vouloir en faire votre métier. Si je devais récrire le premier tome de Paradoxes aujourd’hui, il serait bien différent, mais je ne le fais pas, simplement parce qu’il vaut mieux alors en écrire un nouveau ! 😀

  1. Ménagez-vous des plages horaire pour écrire si vous êtes organisé ou que votre emploi du temps est chargé. Écrire ne veut pas dire taper les 1600 mots journaliers du NaNoWriMo, hein. Cela veut dire réfléchir à son roman, prendre des notes, faire des recherches ET aussi parfois écrire.
  2. Apprenez à dompter la page blanche. Si vous ne savez pas comment formuler une scène, écrivez simplement ce que vous voulez y mettre. Vous pourrez toujours y revenir après.
  3. Écrivez TOUT ce qui vous passe par la tête, même les scènes que vous pensez ne pas pouvoir utiliser. Si vous ne les utilisez pas dans ce roman, elles apparaîtront peut-être sous une autre forme dans un autre texte. (J’ai des dizaines de carnets remplis de plein de scènes qui ne figurent pas encore dans Paradoxes, mais petit à petit, je pioche dans ces idées pour écrire la suite, et certains éléments que je pensais ne jamais utiliser resurgissent finalement dans l’histoire…)
  4. Choisissez un medium adapté à votre manière de travailler. Pour ma part je prends beaucoup de notes manuscrites sur feuilles volantes (je vous ai déjà dit que je n’étais pas très organisée) avant de passer à l’écriture sur écran.
  5. Mettez-vous dans l’ambiance de votre récit. Personnellement je n’ai pas besoin de bruit de fonds pour écrire, seulement celui de mes pensées, mais je sais que pas mal d’auteurs se constituent des playlists qui tournent pendant leurs séances d’écriture. Pour ma part, ça me déconcentre plus qu’autre chose. :p
  6. N’ayez pas peur de vos idées, vous réfléchirez à la qualité du texte une fois que vous aurez fini le premier jet. Ne retournez pas continuellement en arrière quand vous écrivez. C’est pour ça qu’il est important d’écrire régulièrement, pour ne pas perdre le fil de son récit.
  7. Enfin, faites-vous plaisir ! Je ne le dirai jamais assez. 🙂

Mais après l’écriture, c’est pas fini… :p

Après avoir terminé le premier jet, il faudra passer à l’épreuve fastidieuse de la correction…

  1. Ne reprenez pas votre texte immédiatement. Laissez-le respirer quelques jours, voire quelques semaines, avant de le relire.
  2. Soyez indulgent envers vous-même. Ce n’est qu’un premier jet, après tout, et vous n’êtes pas encore pro, vous découvrez tout juste le métier.
  3. Cherchez le sens exact des mots que vous utilisez pour vous assurer de les employer comme il faut ! Traquez les verbes être et avoir, les répétitions, prenez le temps, surtout, de bien lire et noter vos réflexions. Vous pouvez utiliser le programme Antidote, qui constitue un excellent support de correction et reformulation (à utiliser avec des pincettes quand même au début).
  4. Je vous conseille de vous relire sur papier plutôt que sur écran. Le changement de support pourrait, comme pour moi, vous permettre de redécouvrir votre texte, le voir différement. Comme c’est vous qui l’avez écrit, votre cerveau aura tendance à combler les trous (mots manquants ou encore lapsus) si vous travaillez toujours sur le même support.
  5. N’hésitez pas à surligner les phrases qui vous plaisent.
  6. Envoyez votre texte à des relecteurs, mais pas forcément des amis ou de la famille. Il existe des groupes Facebook qui rassemblent des petites communautés d’auteurs. N’ayez pas peur de demander des conseils.
  7. Et laissez décanter encore… Jusqu’à ce que chaque mot, chaque phrase, chaque émotion, chaque rebondissement soit calculé, et choisi.
  8. Après, on pourra peut-être parler de maisons d’éditions. 😀
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