Les héros de l’heroic fantasy, et leur tendance à afficher des caractéristiques de surdoué

Dans cet article un peu particulier, je vais me centrer sur les héros de fantasy. Pour bien comprendre mon postulat de base, vous devez saisir le sens du mot zèbre (car non, je ne parle pas de l’animal à rayures noires).

Depuis quelques années, l’on parle de plus en plus du phénomène de génie, enfant surdoué, inadapté à l’enseignement conventionnel, etc. Le zèbre, c’est justement un enfant (ou un adulte) qui possède une intelligence un peu différente de celle de la norme, une intelligence dite à haut potentiel (ou HP). Beaucoup de parents se targuent de l’intelligence de leur enfant, disant à tout va « il est HP », « c’est un génie ». Mais il y a une conception un peu fausse derrière cette affirmation. Un enfant (ou un adulte) HP n’est pas forcément quelqu’un de plus intelligent que les autres, qui a de meilleurs résultats scolaires, et cela ne voudra pas dire non plus qu’il doit forcément sauter trois classes pendant sa scolarité.

Alors qu’est-ce qu’un zèbre ?

Un zèbre, c’est (en très résumé) un individu qui a un grand quotient intellectuel qui s’exprime par un ou plusieurs talents. Empathie accrue, créativité, talent pour la musique, sens de l’analyse psychologique, grande capacité de calcul mental, etc.

Même si chaque zèbre est un peu différent des autres, l’on peut constater plusieurs gros traits qui ont tendance à apparaître chez la plupart d’entre eux : par leur sensibilité émotionnelle se développe une grande empathie. Elle s’exprime par une finesse dans le langage, par un besoin d’aider les autres, par un caractère passionné, par une façon de penser très différente des autres enfants d’un même âge, par une pensée en arborescence ou transversale et donc pluridisciplinaire plutôt que linéaire.

L’impact sur la vie d’un enfant zèbre ? Un sentiment d’incompréhension des autres jeunes d’un même âge, le besoin de défendre les faibles contre les injustices, un caractère inadapté à un enseignement où il est difficile de poser de véritables questions aux enseignants quand elles dérivent du plan de cours, un comportement d’apparence désorganisé, un besoin de se projeter dans de nombreux projets, etc.

En gros, l’enfant zèbre, s’il est mal accompagné, pourrait se sentir rejeté du groupe « normal » de la classe, différent ou inadapté. Il aura donc besoin d’un apprentissage mieux suivi, d’être encadré par quelqu’un qui cherchera à tirer profit de ses forces plutôt que d’appuyer ses faiblesses. Un enfant HP est rarement, je pense, le meilleur élève de sa classe, sauf peut-être dans les matières qui le passionnent.

Quel est le lien entre le zèbre et l’heroic fantasy ?

En toute honnêteté, ceci n’est pas une théorie officielle de la littérature de l’imaginaire ou de la psychologie (pas à ma connaissance, en tout cas). Cependant, j’ai pu remarquer, après avoir lu un certain nombre de romans de fantasy, que c’est le type de récit où les surdoués sont les plus nombreux à la place du héros.

Je m’explique.

Qu’attend-t-on d’un héros de fantasy ?

Qu’il soit empathique, qu’il comprenne la cause de son peuple, qu’il s’engage en dépit de toute pensée rationnelle dans un combat d’envergure que personne d’autre ne peut entreprendre, MAIS qu’il ne prenne pas la grosse tête pour cela. On attend de lui qu’il évolue, qu’il travaille ses talents et devienne meilleur que les autres pour mériter son titre de héros. En général, un personnage de ce genre possède une grande sensibilité psychologique, qu’il devra affiner avec le temps. Le héros est aussi souvent FAIBLE psychologiquement, c’est à dire qu’il peut être influencé, ou manipulé, parce qu’il n’a pas conscience de son pouvoir ou qu’il a PEUR de l’affronter, de le dompter, de le maîtriser.

En résumé, le héros doit être fort et fragile à la fois.

Pour citer quelques exemples : La quête d’Ewilan (Pierre Bottero), Artemis Fowl (Eoin Colfer), The Witcher (Andrej Sapkowski).

Un zèbre, lui aussi, possède un « super pouvoir », une compétence dans laquelle il est plus doué que les autres. À l’image du héros, il ressent le besoin de se trouver un mentor car il ne se sent pas prêt à affronter son talent seul. Il a besoin de l’encouragement de son entourage, mais peut faire preuve d’une grande force quand il se retrouve dans une situation qui éveille sa passion ou son engagement.

Donc au final, l’heroic fantasy, c’est peut-être plutôt une affaire de surdoué que de geek. 🙂

(Cet article est très résumé, et aborde un sujet que j’aimerais développer dans une théorie plus globale sur l’écriture, un jour. J’espère qu’elle pourra éclairer des amis en mal de compréhension, et qu’elle ouvrira les yeux de l’entourage de ce type de personnalités.)

Pour ceux qui veulent se renseigner sur le sujet du zèbre, je vous invite à aller sur Zebras crossing.

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