La Faucheuse – Neal Shusterman (février) – Coup de cœur

Ceux qui me suivent sur ma page Facebook auront certainement vu passer l’un ou l’autre statut dans lequel je parlais vite fait de la Faucheuse. Eh bien, je ne cache pas que ce fut un véritable coup de cœur.
Ce roman est, pour moi, la preuve que l’on peut encore écrire des bonnes dystopies à la frange du young adult. Si je reste peu amatrice des traductions pour tous les petits défauts que cela peut apporter à un texte, j’ai malgré tout réussi à plonger dans La Faucheuse (dévoré en trois jours), tellement les personnages me fascinaient.
La Faucheuse parle de l’histoire de deux jeunes gens, un garçon et une fille, qui vivent à une époque où la mort a disparu des réalités du monde. Du moins la mort naturelle. Grâce à Thunderhead, une sorte d’intelligence artificielle surpuissante située dans le Cloud, les problèmes de famine et de surpopulation localisée ont disparu, tout le monde a tout ce qu’il faut pour vivre décemment, et ce partout autour du globe. Les gens ne meurent plus, mais continuent à enfanter au même rythme. Heureusement que Thunderhead est là pour continuer à optimiser la rentabilité de production, à tous les niveaux, permettant d’absorber la croissance démographique.
Seulement, aucune société ne peut continuer de s’étendre à l’infini. Il existe donc une caste d’individus spéciaux, déconnectés de Thunderhead et indépendants de son pouvoir quasi divin, qui ont pour rôle d’éliminer un certain pourcentage de la population, afin que les êtres humains ne perdent pas totalement la valeur de l’existence. Ces espèces de tueurs à gage se doivent donc d’agir selon un code d’honneur particulier, résumé en dix règles.
Les deux adolescents que l’ont suit vont être choisis pour intégrer l’ordre des faucheurs. Seulement, ils vont d’abord devoir suivre un entraînement, autant psychologique que physique. Au cours de leur année d’apprentissage, ils vont réaliser que leur monde qui semblait presque parfait ne l’est pas tant que ça.
Neal Shusterman nous offre un univers, si pas hyper fouillé dans les décors et les lieux, en tout cas très cohérent dans les informations qu’il nous livre. Si le contexte social et politique importe peu pour les personnages et dans les description de l’univers, c’est simplement que leur façon de vivre induit cette sorte de désintérêt pour la société dans son ensemble, puisque Thunderhead gère tout depuis le Cloud. La société tendant vers l’individualisme extrême n’est plus confrontée aux mêmes problèmes qu’aujourd’hui.
En un sens, Shusterman parle du posthumain, un thème récurrent dans la SF. Dès lors, il pose également la question de l’humanité, et celle de l’importance du cycle de vie et de mort.
Les personnages, d’une grande sensibilité, dévoilent au fil de l’histoire énormément de profondeur et de subtilités. Ils évoluent, changent et grandissent tout en restant fidèles à eux-mêmes.
Le premier tome est relativement court, comparé au nombre de sujets et de concepts évoqués, et pourtant il n’y a pas de sentiment de manque. Chaque scène est à sa place, chaque élément du puzzle est essentiel à la compréhension de l’histoire.
J’ai simplement été bluffée, et je le recommanderai à tous les lecteurs qui veulent découvrir une dystopie adulte, mature, pertinente.

#Rebels 1 – As-Pi Deth – lecture facile

J’ai un avis mitigé sur le premier tome de #Rebels. Après en avoir discuté avec l’auteure et d’autres lectrices, je pense pouvoir malgré tout vous en parler ici de façon franche et honnête. :p
Tout d’abord, je tiens à préciser que je ne suis pas une lectrice de romances, même si je tâche de garder une certaine ouverture d’esprit et de m’essayer à d’autres genres que la SF et la fantasy de temps en temps (sinon on vire monomaniaque et ce n’est pas bon pour la santé !). J’ai voulu découvrir quel était ce phénomène #Rebels puisque j’en entendais beaucoup parler, et je dois avouer avoir été un peu déçue.
Dans #Rebels, As-Pi nous parle d’un monde marqué par les injustices sociales, et dans lequel évolue un groupe de jeunes qui désirerait faire changer les choses. Vigdis, jeune femme au caractère trempé mais fragile derrière ses dehors de revendicatrice, gère le site #Rebels, où peuvent s’exprimer les gens qui souffrent de la tyrannie de l’Etat. Elle a pour amis deux frères : Naé, dont elle est amoureuse depuis toujours et Gotyé, qui est homosexuel, et ne peut qu’en souffrir dans cet état totalitaire qui dénigre le droit à la liberté sexuelle. Nous suivons également Enora, dont la sœur jumelle a disparu. Elle va donc tenter de la retrouver en intégrant la Sélection, un système qui banalise la prostitution, et la valorise même, en offrant aux jeunes femmes du peuple d’intégrer un groupe d’hôtesses pour les membres d’une section particulière de l’armée : le GISAR. Ce GISAR, d’ailleurs, est l’ennemi juré de la section armée des rebelles.
Plusieurs factions, donc, et plusieurs personnages de premier plan qui vont se croiser au fil des intrigues. Ce premier tome est le point de départ d’un conflit explosif qui passe enfin à un stade plus sérieux. Plus de faux semblants : l’Etat veut éliminer les rebelles (et détruire la province d’Alaros ?).
Il y a, à mon sens, tous les bons ingrédients pour créer un excellent récit dans un univers dystopique, et de très bonnes idées dans la tête d’As-Pi. Comme je l’ai dit à une amie, j’apprécie énormément le pitch. Après, c’est dans le texte en lui-même que j’ai trouvé des insatisfactions (oui, je vous vois froncer les sourcils et maugréer que je suis difficile… ce qui n’est franchement pas faux ! XD). En gros, j’ai trouvé qu’il y avait beaucoup de facilités scénaristiques, qu’il manquait de punch dans la trame narrative. Des réactions peu logiques de la part des personnages, accentuées par une absence quasi totale de descriptions. Je sais qu’As-Pi a travaillé sur ce détail dans le tome 2 (qui fait d’ailleurs le double de l’épaisseur du premier). Personnellement, ce manque de descriptions m’a terriblement frustrée parce que je n’arrivais pas du tout à me représenter le décor. Toute l’attention est focalisée sur les sentiments des personnages et leurs relations amoureuses (logique, pour une romance, vous allez me dire :p), mais je pense que le texte aurait gagné en intensité et en qualité si As-Pi nous avait offert plus de détails.
Cependant, je reconnaîtrai que son histoire se lit facilement et rapidement, et qu’on passe un bon moment. Elle arrive à nous faire rire parfois, mais aussi à faire battre le cœur. J’ai donc l’intention de jeter un œil à ses autres livres, car je pense que son univers a du potentiel.

Un Noël sans Nom et d’autres contes… – un bon catalogue

Les éditions de l’Homme sans Nom et leurs auteurs nous offrent ici un sympathique recueil de nouvelles sur le thème de Noël… Mais croyez-moi, cela n’a rien de joli ou mignon ! Chaque auteur raconte une histoire courte en rapport avec Noël, dans son univers personnel. Les styles varient, les humours aussi, mais il y a un point commun à noter entre tous ces récits : c’est drôle, malin, et de qualité !
Un auteur édité par une maison d’édition ne travaille jamais seul sur son texte, et l’on sent le travail éditorial sur ce recueil. Travail éditorial qui, pour autant, n’ôte rien du caractère individuel de ses auteurs.
C’est là un très chouette ouvrage pour faire découvrir l’Homme sans Nom, autant aux libraires qu’aux lecteurs.

Ma nouvelle favorite : Noël sur catalogue, par Roznarho

La mélodie – Emilie Ansciaux – coup de cœur

Voilà un roman court que je culpabiliserais presque de mettre dans mes coups de cœur, tellement c’est psychologiquement dur et malsain.
La Mélodie raconte l’histoire de plusieurs personnages que le destin va rassembler autour d’une boîte à musique dont le chant amplifie le mal qui dort en vous. Un peu à la manière des sirènes, la mélodie envoûtante de la boîte vous ensorcelle jusqu’à ce que vous cédiez à vos pulsions les plus destructrices.
Pour moi, le roman court se découpe en deux nouvelles centrées sur la boîte à musique. Dans la première partie, on suit le récit d’un homme solitaire qui vient d’emménager dans sa nouvelle maison. Il est seul depuis qu’il a appris les tromperies de son ex, et démarre donc une toute nouvelle vie dans cette demeure. Seulement, la mélodie de la boîte va venir détruire son illusion de nouveau départ, le faisant peu à peu sombrer dans la folie.
Dans la deuxième nouvelle, on suit un autre personnage qui se laisse envoûter par la boîte, en conséquence de quoi il se met à agresser des jeunes femmes de manière plutôt violente.
Je tâche de ne pas trop en dire puisqu’il y a malgré tout une intrigue concernant ce qui lie ces deux individus et la raison pour laquelle cette boîte à musique provoque un tel comportement chez les gens qui en entendent la mélodie.
Je suis l’évolution d’Emilie Ansciaux depuis quelque temps maintenant, et je peux dire en toute honnêteté qu’à mon humble avis c’est un de ses meilleurs textes. Elle a réussi à me faire ressentir un panel incroyable d’émotions sur à peine une centaine de pages, et m’a éblouie par la finesse de son analyse psychologique. Le texte est court, mais franchement efficace du début à la fin, même si, tant qu’à faire, j’aurais préféré que l’histoire soit présentée comme deux nouvelles séparées. Il y a clairement un changement de dynamique, d’ambiance, et d’horreur entre les deux phases de l’histoire.
Je le conseille aux amateurs de sensations fortes, de frissons, et de thrillers psychologiques (et du coup, âmes sensibles s’abstenir !).

les ombres s’amusent – Sylvie Ginestet – agréable lecture

Je connaissais Sylvie pour sa série intitulée les Imhumvamps, dont le succès n’est plus à faire. Bien que je ne lise pas de romance, et de moins en moins de récits de vampires, j’avais essayé sa trilogie, et comme pour le roman d’As-Pi, j’étais restée sur ma faim concernant le contexte. Je n’avais d’ailleurs pas terminé de lire la trilogie, j’avoue (et elle m’attend dans ma PAL depuis bien longtemps ._.). Cela dit, Sylvie, comme Emilie, est une auteure qui parvient à toujours se réinventer, et plonger le lecteur dans des univers divers et variés, comme j’ai pu le constater en lisant « les ombres s’amusent ». Ce roman court, original, m’a tenue accrochée jusqu’à la dernière ligne. S’il souffre encore de quelques maladresses, on sent l’expérience de l’auteure dans la construction narrative et dans l’élaboration de l’intrigue.
Sylvie Ginestet nous emporte sur les traces d’un jeune homme qui fut beau et promis à un bel avenir. Un accident de moto l’en écarta définitivement, l’envoyant dans une chaise roulante. L’hôpital est sa nouvelle maison, pour un temps. Seulement le jeune homme n’est pas friand d’inactivité, et part donc à l’exploration du complexe hospitalier. Dans les tréfonds de celui-ci, il va découvrir une pièce étrange au pouvoir magnétique. Cet endroit va lui faire voir et vivre un magnifique rêve. Seulement, vous savez bien que dans notre monde, l’on n’a rien sans rien… Ces rêves auront un prix, mais sera-t-il prêt à le payer ?
La fin m’a vraiment surprise, car si je m’attendais à une rupture par rapport au reste du récit, celle choisie par Sylvie est pleine d’ingéniosité, intelligente, logique et pourtant inattendue.
J’ai trouvé le récit vraiment plaisant, et je le conseille chaudement aux amateurs de fantastique. J’attends de voir ce que donnera la suite. 😀

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