Honor Harrington, tome 1 : mission Basilic – David Weber – coup de cœur

Dans un futur très éloigné, la République du Havre constitue un énorme conglomérat de planètes et de systèmes solaires. La république promet aux peuples qu’elle phagocyte protection contre les pirates de l’espace et les hégémonies des autres puissances moins sympathiques, ainsi qu’une sécurité sociale normalement à toute épreuve (par exemple en octroyant à ses citoyens un revenu de base universel). Seulement, entretenir un contrôle permanent et efficace sur de telles distances, cela coûte de l’argent et des ressources. Ainsi, le Havre par l’intermédiaire de ses hauts fonctionnaires et militaires, décide qu’il est temps d’agir avant de risquer d’être la cible des gourmandises des autres systèmes. Ils vont donc passer à l’offensive, pour terminer de s’approprier les systèmes colonisés par les humains… en commençant par le système Basilic, où se trouve un trou de ver qui permet d’accéder instantanément à d’autres systèmes, un lieu hautement intéressant d’un point de vue commercial, mais aussi militaire.
Ce trou de ver est officiellement sous la juridiction du royaume de Manticore…
Nous suivons les aventures de l’héroïne, Honor Harrington, une Sphyngienne encore jeune mais terriblement déterminée à faire ses preuves dans l’armée manticorienne. Son rêve ? Devenir capitaine de son propre vaisseau spatial. Seulement, elle n’a pas l’appui d’un grand nom de famille, et va jouer de malchance. À cause d’un concours de circonstances malheureux, alors qu’elle vient juste d’être promue capitaine de l’intrépide, elle va s’attirer l’inimitié de quelqu’un de haut placé dans l’armée… et finir reléguée au fin fond du système, à Basilic, dans un coin perdu où l’on envoie que les ploucs et les incapables. Seulement Honor n’est pas une incapable, et elle va le prouver de manière remarquable en faisant son travail avec zèle et professionnalisme, en dépit du manque d’hommes, de matériel, et de vaisseaux pour remplir la mission qui lui est donnée : protéger Basilic et contrôler le commerce par le trou de ver.

J’ai trouvé ce roman de Space Opera particulièrement bien traduit, très agréable à lire en dépit des nombreuses pages de blabla sur la politique et l’aspect technique du voyage sidéral. On sent que l’auteur n’en est pas à son coup d’essai, il maîtrise à la perfection son univers très riche à tous les niveaux. L’aspect politique est présent sans tout écraser, l’aspect technique et scientifique aussi. Derrière ce texte, on ressent clairement le talent de professeur de l’écrivain. Ce n’est pas évident aux yeux de tout le monde à la première lecture, et je ne l’aurais pas su si l’on ne m’en avait pas fait part, mais ce combat entre Havre et Manticore fait référence à la France contre l’Angleterre. L’auteur, par sa grande maîtrise de l’Histoire et ses connaissances en géopolitique et en stratégie, nous emmène en nous prenant par la main, nous fait comprendre des concepts avancés de stratégie, de tactique de guerre, et nous fait même visualiser des combats spatiaux qui se passent à des vitesses et des distances dingues, sans jamais nous perdre… Car l’aspect psychologique et relationnel vient sous-tendre son récit servi par une plume claire et efficace.
J’ai tellement aimé ce premier tome que j’ai directement mis le tome 2 dans ma pile prioritaire. Pour les amateurs de Space Op’, c’est une série à ne pas manquer, et qui en plus est enfin éditée en poche par l’Atalante. Espérons qu’ils aillent jusqu’au bout, contrairement à J’ai lu, qui avait lâché l’édition après 4 ou 5 tomes… En tout cas, pour moi, c’est un Must Read.

La passe-miroir, tome 3 : la mémoire de Babel – Christelle Dabos – Coup de cœur

Après avoir passé plus de deux années sur Anima, Ophélie n’en peut plus d’attendre et d’être sans nouvelles de Thorn. Elle se laisse totalement aller, ne fait plus rien de sa vie, n’a même plus la motivation de son musée puisque les vieilles mégères de la Famille ont décidé de tout censurer. De plus, elle a peur des terribles révélations glanées à la fin de ses aventures sur le Pôle, à la Citacielle. Aussi, quand l’ancien ambassadeur du Pôle débarque pour lui proposer de s’en aller, il ne lui en faut pas plus pour prendre son écharpe, la montre de Thorn et quelques affaires, tout empaqueter, et se faire la belle.
Grâce à de vieilles photographies, elle pense savoir où Thorn pourrait se trouver, lui qui recherche toujours des informations sur Dieu, a priori. Elle décide donc de suivre son instinct, et parvient à se rendre sur Babel. Là, elle va découvrir le Mémorial, qui contiendrait toute la mémoire de Babel. Mais il semblerait qu’ici aussi, les agents de Dieu n’hésitent pas à mettre leur nez, et censurer ce qui ne leur plaît pas.

Dans ce tome, on va de révélation en révélation. Christelle arrive encore à nous retourner le cerveau à la moitié du livre, et nous laisser avec un vilain méchant cliffhanger à la fin, sur la dernière page. L’histoire est bien menée, l’intrigue est bien ficelée, les personnages évoluent de manière intéressante, et même si j’ai failli tordre le cou d’Ophélie plus d’une fois, on ne peut qu’avoir de l’empathie pour elle ! L’univers de la passe-miroir est d’une richesse et d’une complexité enchanteresses pour les adultes aussi.
En toute honnêteté, je trouve que son récit, son univers, son intrigue, ses personnages, sont d’une qualité bien supérieure à Harry Potter (je sais, j’ai failli me faire étriper plusieurs fois déjà pour avoir osé dire ça… :p). En bref, à dévorer et mettre dans toutes les mains !

Que passe l’hiver – David Bry – agréable lecture

Pour chaque solstice d’hiver, les quatre clans se retrouvent ensemble sur le Wegg, la montagne au sommet de laquelle vit le souverain de la Clairière, mi homme mi dieu. Stig est un jeune homme particulier : fils du chef de Clan, il a le pied bot, et à cause de cet handicap, n’a jamais été considéré comme un membre à part entière de la famille. Pourtant, il accompagne pour la première fois les représentants du clan au sommet du Wegg, à présent qu’il a atteint la majorité.
Le solstice est un moment important de l’année : les clans se retrouvent, font la fête, partagent la chasse et le repas ensemble, et surtout, ils prêtent allégeance au Roi de la Clairière, la nuit du solstice, pour l’année qui suit. D’habitude, c’est un moment heureux, plein de magie, où l’on renoue avec des siècles d’histoire, avec le Dieu en personne à travers son fils. C’est un moment important car les fils du destin des quatre clans se rejoignent pour un moment. Le frère de Stig lui a toujours parlé de ce moment avec des étoiles dans les yeux… Seulement, cette année, tout ne se passera pas comme d’habitude.
Tentatives de meurtre, assassinats divers, mystères révélés, tensions familiales mises à jour,… Ce solstice sera une véritable catastrophe, une succession d’événements malheureux. Mais est-ce vraiment la volonté du Dieu, est-ce vraiment lui qui a tissé ces destins funestes pour les membres des clans ? Ou bien y aurait-il quelqu’un de mal intentionné dans un ces quatre châteaux, d’habitude froids et inhabités ?

Dans ce roman séparé en trente strophes, David Bry nous offre un récit rempli de mystères et d’émotions. L’ambiance enneigée et froide de l’hiver crée une atmosphère ouatée, languissante et fatale. Le récit est bien mené, intrigant à souhait, les personnages dépeints sont riches, profonds, intéressants, pleins de secrets. On n’est pas dans un roman policier, donc si meurtres il y a, on apprend très vite qui et pourquoi. En revanche, Stig, lui, n’a aucune certitude, ce qui met le lecteur dans une position décalée par rapport au protagoniste principal. L’histoire en elle-même est bien menée, bien racontée, même s’il y a parfois des descriptions un peu redondantes et quelques faiblesses dans le style, selon moi. Ce qui m’a dérangée, aussi, c’est la concordance des temps : l’action principale est au présent, mais les souvenirs et références au passé son au plus-que-parfait, alors que ça aurait pu être au passé composé, simplement. J’avais tendance durant ma lecture à transposer le présent en imparfait, du coup, ce qui me semblait plus logique.
En revanche, ce que j’ai beaucoup aimé, c’est le message caché du récit : dans un monde où la divinité démontre son existence par une preuve tangible, les humains se cachent derrière elle pour justifier leurs actes en se prétendant esclaves de leurs destins. Ils rendent leur Dieu responsable de tous leurs malheurs et rejettent leur libre-arbitre. Quand ils reprennent leur destin en main, c’est pour rejeter leur Dieu, en faire un ennemi.

En bref, encore une lecture agréable de chez l’Homme Sans Nom ! Il ne trônera pas dans mon étagère de livres favoris, mais je le recommande malgré tout chaudement (:)) à ceux qui aiment les ambiances nordiques, les huis-clos, les récits de magie tribale.

Grand Siècle, tome 1 : l’Académie de l’Ether – Johan Heliot – sympa mais sans plus

Le Grand Siècle, l’époque de Louis XIV, une époque passionnante et riche. Un jour, un corps céleste tombe dans l’océan. Cet objet, une sphère faite d’une matière non identifiable, s’avère être une sonde alien dotée d’une intelligence artificielle très efficace. Celle-ci est défectueuse, et doit donc se réparer avant de pouvoir repartir, sauf que sur terre, les humains ne sont pas vraiment à un stade d’évolution technologique qui lui permettrait de se réparer rapidement. La sonde va donc prendre le contrôle de l’esprit de plusieurs personnes pour tenter d’influencer le cours de l’évolution technologique humaine jusqu’à lui permettre de repartir dans l’espace…. Quelle chance, quand la sphère est présentée au roi Louis XIV, qui s’avère tout à fait capable de donner à la France et au monde l’impulsion dont elle a besoin !
En parallèle, nous suivons les déboires d’une famille de campagnards, dont la mère est morte il y a longtemps et le père tout récemment. Les 5 enfants n’ont d’autre choix que de rejoindre un grand-oncle à la capitale. L’homme du nom de Plantin possède une imprimerie, mais il n’est plus tout jeune et ne peut donc accepter 5 enfants sous son toit puisqu’il gagne déjà à peine de quoi se nourrir lui-même. L’aîné quitte donc la maison en promettant qu’il se débrouillera pour mettre de la nourriture sur la table pour ses frères et sœurs. La grande sœur, qui sait lire et écrire, fait assez rare pour être mis en évidence, devient l’apprentie de monsieur Plantin, et les trois autres s’occupent des menus travaux et des livraisons. En bref, tout semble aller pour le mieux… Sauf que la famille ne va cesser de rencontrer les ennuis. Bien entendu, ils subiront eu aussi les retombées de l’arrivée de la sphère sur Terre…

Entre le Cardinal de Richelieu, les mousquetaires, ce bon vieux Louis XIV, Blaise Pascal, on peut dire qu’on est servis en noms et personnages connus. L’auteur connaît son sujet et le maîtrise plutôt bien. En revanche, le livre est court – à peine 300 pages – et je trouve que l’auteur ne donne pas assez de corps à ses personnages. Je n’aurais pas dit non pour un peu plus de matière… L’histoire non plus ne m’emballe pas tellement, même si j’ai pris du plaisir à la lecture. J’ai eu du mal à comprendre l’importance de la famille de campagnards au départ, et même maintenant que je suis arrivée au bout du premier tome, je les trouve un peu insipides. En revanche, le style est excellent, le vocabulaire varié et précis. L’avantage du petit nombre de pages, ce que je n’ai pas rechigné à le lire jusqu’au bout même s’il ne m’emballait pas plus que ça.

Shades of Magic, tome 1 – Victoria Schwab – agréable lecture

Kell est un Antari, un des derniers de son peuple. Il a la particularité de posséder un œil entièrement noir, preuve que la magie est présente en lui. En tant qu’Antari, il peut utiliser toutes les magies, et même celle du sang, la « vraie » magie, la plus puissante. Il vit dans le Londres Rouge, un monde où la magie est toujours bien présente, vivace et largement utilisée. Il fait régulièrement des allers et retours entre les différents Londres, devenus inaccessibles à tous sauf les Antari, seuls êtres encore capables de créer des portails entre les mondes. Il existe donc aussi le Londres gris, dénué de magie mais encore accueillant, le Londres blanc, saigné à blanc de sa magie, froid et inhospitalier, et le Londres noir, auquel plus personne ne peut accéder, complètement dévoré par la magie, corrompu, dangereux.
Kell voyage donc d’un monde à l’autre pour le compte des roi et reine du Londres Rouge, ses parents adoptifs. Il va remettre des lettres aux dirigeants des mondes voisins. Mais de temps en temps, il commet l’acte tabou de faire passer des objets d’un monde à l’autre pour se livrer à de petites contrebandes relativement inoffensives.
Il y a aussi Delilah Bard, jeune femme au caractère bien trempé, qui en a vu de toutes les couleurs, et qui survit en volant à la faveur de la nuit, cachée sous un déguisement d’homme.
Tous deux vont être amenés à se rencontrer au détour d’une taverne un peu particulière, alors que Kell avait dans sa poche un objet dangereux, que Lila ne put s’empêcher de lui dérober. Seulement, cet objet, cette pierre noire, va les emmener sur un terrible chemin, semé d’embûches et de cadavres, à travers les trois Londres.

L’univers de Victoria Schwab est riche et vivant, vibrant d’énergie et de réel. Ses personnages sont attachants, très réalistes, pleins de nuances et de contradictions. L’histoire est plutôt bien traduite et prenante. L’avantage aussi, c’est que la fin du premier tome clôture l’intrigue de ce tome, donc pas de frustration, pas de cliffhanger, mais malgré tout l’envie de découvrir encore son monde, de s’y replonger à l’occasion, de retrouver ses personnages. Car on sent qu’il y a encore plein de lieux à visiter, de personnages à rencontrer, d’intrigues à découvrir.
Le seul vrai défaut que j’ai trouvé dans la traduction de Lumen, se sont les fautes. Concordance des temps, mots en trop, mauvaise conjugaison, répétitions,… J’ai été déçue car tout le reste est super, même la mise en page. Alors je sais à quel point c’est dur de ne pas laisser la moindre coquille dans un texte, mais parfois c’est décevant, quand on lit un roman qui pourrait vraiment finir dans les favoris, de voir autant d’erreurs laissées dans le texte. Je le conseille malgré tout à ceux qui ne sont pas trop regardants à ce genre de détail, car l’histoire est vraiment très chouette. ^-^

Lena Wilder, tome 1 : carnets de route – Johan Heliot – sympa mais sans plus

Lena Wilder, 17 ans, vit seule avec sa mère. Depuis des années, elles parcourent les Etats-Unis, sans jamais s’arrêter au même endroit plus que quelques mois. Lena croyait avoir déjà vu les pires bleds du monde, mais quand elle arrive à Arkhoon, cette certitude est remise en question.
La bicoque où elles s’installent toutes les deux est dans un sale état, mais Lena a l’habitude. Elle débarque au lycée et attire directement l’attention du groupe de filles populaires, ce qui en revanche ne fait pas partie de ses habitudes. Parallèlement à ça, elle sent de drôles de changements dans son corps : nausées, pilosité accrue, sentiments de danger oppressant… Elle voit également plusieurs Démarcheurs qui se baladent en ville, et pour une raison mystérieuse, cela l’angoisse profondément.
Et puis, au milieu de tout cela, il y a Gerry, le beau gosse musclé, motard qui se castagne les vendredis soirs pour gagner de l’argent afin de payer les médocs de son père. Comme par hasard, c’est le voisin de Lena, et même sa mère l’apprécie, alors qu’il sort du Centre de redressement du coin.
Sans rien vous spoiler de très important, je peux vous dire qu’il y a pas mal de clichés dans cette histoire. De nouveau, comme l’autre roman de Johan Heliot que j’ai lu ce mois-ci, je retrouve tous les ingrédients propres à ce genre d’histoires, et pourtant, je n’arrive pas à accrocher au récit. J’ai soupiré pendant cent pages, puis j’ai continué à lire, parce que bon, pourquoi pas après tout. Je sais que ce genre d’histoire est considéré comme bankable, et je comprends donc le choix de l’éditeur, mais je trouve que le récit est simpliste et cliché, plein de facilités narratives Mais peut-être que si je l’avais lu à 17 ans, ou même il y a quelques années, j’aurais apprécié, parce que ce n’est pas mauvais. C’est juste pas excellent. Et il y a de terribles fautes de concordance des temps, confusions entre futur et conditionnel. Pourtant, comme dans Grand Siècle, je soulignerai tout de même le travail de l’auteur fait sur le langage : le vocabulaire utilisé et la façon de parler des personnages correspondent tout à fait sans virer dans aucun excès. Enfin, cela me fait dire malgré tout que je doute de lire encore d’autres romans de cet auteur (eh oui, quand on a déjà 200 bouquins non lus dans ses bibliothèques, il faut parfois faire des choix drastiques ^^).

Lecture en cours : Honor Harrington, tome 2 : pour l’honneur de la reine

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