Cela faisait un petit temps que je n’avais pas publié d’article sur les techniques d’écriture, et pourtant je suis loin d’avoir épuisé le sujet ! Aujourd’hui, je vais vous parler de la construction du plan.

Comment construire un plan ?

Tout d’abord, il faut avoir écrit un pitch et un synopsis.

Le pitch reprend très vite les grandes lignes de votre histoire : ce sont vos premières idées, en gros. « J’écrirais bien une histoire qui parle d’un jeune garçon orphelin qui reçoit le jour de ses onze ans une lettre pour se rendre à l’école des sorciers. Là-bas, il va se faire deux excellents copains, avec l’aide desquels il va découvrir que le directeur a caché une pierre philosophale dans les sous-terrains. Ah, et il va rencontrer son ennemi juré, celui qui a tué ses parents ! »

Le pitch doit rendre votre histoire reconnaissable parmi d’autres. Vous pouvez, pour vous exercer, essayer de pitcher vos lectures ou les films que vous avez regardés récemment. ^^

Le synopsis, lui, va être beaucoup plus détaillé. Il faudra, à ce stade, placer tous les personnages et les actions principales qui auront lieu, les événements clés en somme. Un synopsis peut faire la longueur que vous voulez, mais il doit être le plus clair possible sans pour autant rentrer dans la description ou la narration. Placez des noms, des lieux, des actions importantes, des dates. C’est là qu’il vous faudra le où, quand, qui, quoi, comment, pourquoi. C’est à ce stade que l’on peut déterminer si l’histoire est logique et intéressante ou pas.

Et enfin, le plan !

Le plan par chapitres est un excellent outil, qui vous permettra, au cours de l’écriture, de ne pas mélanger les personnages, les lieux, la trame narrative. Vous n’êtes pas obligés d’y mettre tous les détails, mais plus il y en aura, moins vous aurez de chances de vous emmêler les pinceaux en écrivant.

Avant, je n’écrivais jamais avec un plan, je détestais ça. J’avais l’impression que ça me gâchait mon plaisir, parce que je ne découvrais pas ce qui se passait au fil de l’écriture. Quand on fait du jeu de rôles sur forum, découvrir la trame au fil de l’aventure ne pose pas de problème, que du contraire, mais quand on se lance dans une saga en dix tomes, c’est là qu’on se rend compte que le plan aurait pu être utile… Oui, j’en ai fait les frais avec Paradoxes. 🙂 Mais c’est en testant des choses que l’on apprend ! Je pense qu’aujourd’hui, je ne pourrais plus me passer d’un plan.

Pour rédiger votre plan, pensez en matière de chapitres, de sections, de parties ou de paragraphes, comme vous le sentez. Vous pouvez déjà anticiper la taille de vos chapitres, mais il faudra garder à l’esprit que chaque section de votre livre devra toujours contenir un nœud narratif, mettre en avant une tension scénaristique, bref être utile au déroulement de l’histoire. :p

Dans le livre « Comment mieux écrire, raconter une histoire et réussir sa fantasy », l’auteur parle des différents types de problématiques qu’un chapitre peut soulever : l’énigme, la dispute, la menace, le défi, la maladie, le choix, ou le projet. Ceci est intéressant, car ça rejoint l’idée que chaque chapitre doit faire avancer l’histoire, apporter quelque chose au récit. Donc, quand vous rédigez votre plan, posez-vous la question à chaque chapitre : « Qu’est-ce que cette scène apporte à mon histoire ? ». Le plan est l’endroit où vous pouvez formuler ce genre d’idées, en inscrivant par exemple sous le titre de la section la problématique de façon claire.

Cela dit, en fantasy plus que dans tout autre style littéraire, il ne faut pas oublier l’exposition ! L’exposition, c’est le procédé narratif par lequel on fait découvrir son univers au lecteur par le biais de la description ! Il y aura donc des passages où vous vous direz « je dois décrire tel lieu mais ça va me prendre pas mal de mots, et ça n’apportera rien à l’histoire ». Et c’est là que ça se corsera. Il faudra trouver un moyen d’ajouter de la tension narrative dans une scène au départ purement descriptive. Pour autant, ne vous forcez pas ! Quand vous constituez votre plan, il y a parfois des détails que vous n’avez pas encore bien en tête. Notez simplement que vous devrez décrire tel lieu, ou présenter tel personnage dans son environnement. Il sera toujours temps, plus tard, d’adapter votre plan, d’ajouter de la tension, ou même de supprimer une scène, de la mixer avec une autre, de la déplacer dans votre récit. N’oubliez pas que le plan doit être une aide, pas une contrainte.

Le plan est donc l’étape où vous construisez votre histoire. Pour un univers constitué, je vous conseillerai de ne pas vous baser uniquement sur un plan, mais aussi sur des notes en parallèle. Arbres généalogiques, listes de personnages en fonction des lieux, description des lieux et de l’architecture, de la religion et des coutumes, historique rapide de votre univers avant l’histoire… N’hésitez pas à imaginer des anecdotes, inventer des noms de personnages emblématiques, afin de pouvoir enrichir votre histoire et donner l’impression que votre univers existe véritablement. Tout cela, par contre, ne devra pas apparaître dans votre plan, évidemment. 😉 Cela l’alourdirait inutilement.

Je vous conseille de le construire de la manière qui vous semble la plus adaptée. Un tableau peut très bien fonctionner !

Colonne 1 : Titre/numéro du chapitre

Colonne 2 : personnages en présence

Colonne 3 : lieu où se déroule l’action

Colonne 4 : la problématique ou le but de la scène

Colonne 5 : résolution de la problématique (s’il y en a une)

colonne 6 : date/moment de l’histoire

Pour ma part, je rédige mon plan simplement dans un fichier Word, même si je pense que le système des colonnes serait beaucoup plus efficace. ^-^ Je testerai pour mon prochain roman. 🙂

Bien, vous avez tout cela en tête, il ne vous reste donc plus qu’à prendre un carnet de notes ou ouvrir un fichier Excel ou Word sur votre ordinateur, et vous lancer. 🙂 N’hésitez pas à faire lire votre synopsis à d’autres personnes, et même votre plan ! Voyez s’il semble clair même pour une personne extérieure, si l’histoire semble fluide.

Cela me permet de mettre en évidence une autre difficulté : quand on écrit son plan, on est persuadé que l’on se souviendra de tout, de qui, de pourquoi, de ce que cachait telle action ou telle phrase. Mais parfois, on se relit, et on a oublié. Et là, croyez-moi, on se déteste. 🙂 Il vaut mieux mettre trop d’informations que pas assez ! En revanche, si c’est une information utile pour vous mais que le lecteur doit ignorer, n’hésitez pas non plus à le préciser dans votre plan (« on ne sait pas encore pourquoi », « le lecteur l’apprend plus tard », etc.).

À vos plumes, à vos claviers. 🙂

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