Honor Harrington, tome 2 : pour l’honneur de la reine – David Weber – coup de cœur

Dans ce deuxième tome, Honor Harrington a pris du galon grâce à ses précédents exploits. Pour autant, elle n’est pas appréciée par tout le monde. Cette fois, elle a pour mission d’accompagner une délégation diplomatique vers un système – l’un des premiers à avoir été colonisé – se trouvant à la limite entre Manticore et le Havre. Détail important à savoir : Harrington déteste la diplomatie, même si elle a conscience de son importance dans les relations intergalactiques.
Sur la planète avec laquelle Manticore a l’intention de signer des accords, les femmes n’ont pas voie au chapitre. Elles n’ont pas accès à l’éducation comme les hommes, ni au monde du travail. Elles sont femmes au foyer et ont pour rôle de faire des enfants et de les éduquer. La culture graysonienne est complètement façonnée par la religion. Honor Harrington, en tant que capitaine de son propre vaisseau, va être très mal accueillie par les locaux, les Graysoniens. Ils prennent même sa présence comme un affront personnel, et Honor Harrington n’est pas connue pour sa tempérance. Seulement, Manticore constitue le dernier rempart qui protège Grayson contre Masada…

Dans ce deuxième volume, David Weber nous épate encore pas sa facilité presque déconcertante à expliquer et mettre en place des situations politiques denses, complexes, tendues. Ils décrit avec brio des actions de guerre se déroulant dans l’espace, jouant avec les lois du voyage spatial. Il parvient à faire comprendre même aux plus néophytes les profondes interactions entre politique, économie, stratégie et tactique, tout en ajoutant une bonne dose de drame aux moments opportuns. Les caractères des personnages sont dépeints avec finesse, même si certains d’entre eux sont plus archétypaux que d’autres. L’histoire est prenante, envoûtante même.
De nouveau, je salue et remercie l’Atalante pour avoir traduit cette saga, et avoir eu l’audace de la ressortir au format poche alors que quelques années plus tôt, la série était lâchée par j’ai lu. Ça me donne vraiment envie de découvrir d’autres sagas de space op, mais avec la crainte qu’aucune n’atteigne ce niveau de maîtrise…

Metro 2034 – Dmitri Glukhovsky – coup de cœur

Dans le premier tome, nous suivions Artyom qui, au cours d’un long périple à travers les stations de métro de Moscou, découvrait une palette de cultures et de croyances qui sans cesse remettaient en question ses propres opinions. Dans une ambiance sombre et oppressante, l’auteur nous parlait au fond de la nature du héros, de son périple, de ce besoin presque maladif de l’être humain de raconter des histoires. Le récit était riche en rebondissements, en action, et très dense à tous les niveaux.

Metro 2034 est plus léger, rien qu’en terme de nombres de pages. Cette fois, nous suivons plusieurs personnages : le vieux Homère, qui se découvre un besoin d’écrire ce qu’il vit pour laisser derrière lui une trace de l’existence des hommes le jour où ceux-ci auront disparu de la surface de la terre ; Sacha, une jeune femme seule, rejetée de la société, qui n’a jamais vu que deux stations de toute sa courte existence ; et Hunter, le secret et silencieux chasseur qui sacrifie son identité, sa vie, pour sauver et protéger les vestiges de l’humanité. Une épidémie risque de ravager le métro tout entier. Pour le moment, la station est isolée des autres, et un certain ordre y règne grâce à un groupe solide de soldats. Mais pour combien de temps ? Est-ce que la maladie peut être soignée ? Est-ce que des gens sont déjà porteurs du virus ? Quel sera l’espoir de l’humanité si ce mal se répand ?
Par un récit croisé étrange, l’auteur rassemble ses trois personnages avec patience et brio. Le récit est moins long car le voyage est lui aussi plus court que dans metro 2033. Les lieux, on les connait déjà pour les avoir visités dans le premier tome. Pourtant, les personnages, par leur vision très différente de celle d’Artyom, s’attardent sur d’autres détails, possèdent d’autres savoirs.
Et cette fois, à travers sont histoire, Dmitri nous parle du besoin d’écrire. En réalité, il aborde encore la nature mythomane de l’être humain, mais plus du point de vue du héros, du personnage. Il nous parle de la difficulté de l’écrivain à construire son récit, choisir les informations essentielles, surtout s’il fait partie intégrante de son histoire.
Cette question revient souvent : que restera-t-il de nous ?
Encore une fois, je suis épatée par la qualité narrative de l’auteur, par sa sensibilité et sa finesse.

Les plieurs de temps – Robin – Manon Fargetton – coup de coeur

Bon, j’adore Manon, j’adore son écriture et j’adore aussi ses romans jeunesse. ❤
Les plieurs de temps raconte l’histoire du jeune Robin, un garçon un peu timide, un peu maladroit, qui n’a pas beaucoup d’amis à l’école et qui n’ose pas se dresser face au garçon qui le martyrise. Il aime sa famille, ses grands-parents qui vivent juste en face et ses deux sœurs. Et il voue une fascination aux escargots.
Un jour, après l’école, il va transgresser un interdit avec ses sœurs : il va monter dans le grenier de ses grands-parents ! Il y fait une découverte qui va changer sa vie… Grâce à un objet, il va pouvoir arrêter le temps ! Mais il y a des règles à respecter… Et surtout, quand on possède un pouvoir, il faut s’en servir avec prudence et mesure ! Il arrivera de bonnes choses à Robin, mais aussi de mauvaises choses, qui le feront mûrir.
J’ai beaucoup aimé cette histoire (que j’ai dévorée en deux heures), non seulement parce que le livre est super joli, bien illustré, et dénué de fautes, mais aussi parce qu’il y a un véritable message moral à y voir.
Manon Fargetton nous parle de la famille et de son importance. Elle parle aussi d’amitié. De ne pas se fier aux apparences. De ce qu’une mauvaise action peut nous causer comme pensées sombres. De l’opinion de soi-même. Du partage. Du pardon. Et bien d’autres sujets. J’ai adoré parce que j’ai trouvé qu’aucune scène n’était gratuite, que rien n’était illogique. Et même si on est déçu que Robin commette certaines actions, on ne peut pas lui en vouloir, car qui n’aurait pas essayé à sa place ? J’ai trouvé le message beau et fort, éducatif sans avoir l’air d’y toucher. En bref, n’hésitez pas à l’offrir à des petits frères ou sœurs, cousins ou cousines. Ou même à le conseiller aux enseignants. 🙂

Les royaumes éphémères tomes 1 et 2, Geoffrey Claustriaux – agréable lecture

Est-ce que la mort est une fin ? Qu’advient-il de l’âme quand elle quitte notre monde ?
David Mellow, jeune lycéen, va le découvrir de manière plutôt abrupte. Après avoir perdu son frère (qui n’était pas très fréquentable), il est passé par une période difficile, mais avait fini par retrouver son équilibre. Ses parents aimaient beaucoup leurs deux fils, et même si la mort du premier fut une épreuve difficile, ils pensaient s’en être sortis.
Mais un matin, David se fait renverser par une voiture…
Il se retrouve alors projeté dans les Royaumes Éphémères, un monde où atterrissent toutes les âmes ayant quitté la terre. Ce monde est bien différent du nôtre et régi par des lois naturelles particulières. Par exemple, la magie existe ! David rencontre Balin et Milia, deux mages fantômes. Grâce à eux, dont le but est de récupérer les nouveaux arrivants avant qu’ils ne soient mêlés au grand conflit en cours, il va découvrir comment utiliser cette magie. Le groupe d’amis qui se constitue au fil du récit va subir de nombreuses épreuves difficiles, au milieu de quelques moments de paix et de bonheur. Même si David doit absolument développer ses pouvoirs, les deux camps de mages en guerre ne l’attendront pas pour commettre leurs horreurs. D’ailleurs, son ami Matthew a énormément souffert de cette guerre puisque son clan a été exterminé. Les grands mages qui lorgnent sur le trône dont la légitime détentrice est morte n’auront aucune pitié pour ceux qui se dresseront en travers de leur chemin… ou qui refuseront simplement de rejoindre leurs rangs. Dans une guerre d’une telle ampleur, la neutralité n’a pas sa place, et David l’apprendra de manière très violente.
Je connais Geoffrey pour son récit post-apocalyptique, pour ses nouvelles horrifiques, pour un de ses futurs romans sombres (car j’ai eu l’honneur d’en lire les premières pages <3), mais je ne l’avais pas encore lu dans du roman jeunesse, de la fantasy qui plus est. Et de nouveau, je suis épatée par sa capacité à construire un récit en s’appuyant sur tous les bons ingrédients ! Ici, il mêle les ambiances shônen (style fairy tail, one piece, naruto, etc), et les grandes clefs de la fantasy européenne classique. Il respecte bien la structure conventionnelle du récit de fantasy, et joue avec les codes en les brisant juste comme il faut pour apporter un brin d’inattendu mêmes aux lecteurs connaisseurs du genre. Ce n’est pas un coup de cœur total pour moi, parce que je sais que Geoffrey peut faire encore mieux niveau style, qu’il peut encore affiner sa plume pour la rendre plus fluide. Ce sont déjà deux très bons tomes, et je lirai certainement la suite, parce que maintenant, j’ai envie de savoir qui gagne à la fin. 😀

Merlin, tome 1 : les années oubliées – T.A. Barron – agréable lecture

La série Merlin raconte la jeunesse d’Emrys, l’enchanteur qui suivit Arthur Pendragon. Dans ce premier tome, Emrys part à la recherche de son passé. Il a sept ans quand il se réveille sur une plage, de la vase plein la bouche, la tête vide de tout souvenir. Il y retrouve une femme qu’il espère être sa mère, mais cette femme refuse de lui dire quoi que ce soit sur son passé. Sur cette plage, il voit aussi le grand cerf, Dagda, se battre contre le sanglier, Rhita Gawr, même s’il est incapable d’identifier les deux divinités. Pendant quelques années, ils vivent, lui et cette femme qui prétend être sa mère, dans un petit village du pays de Galles. Tout va bien même s’ils sont mal acceptés par les autres villageois. Branwen, qui dit être la mère d’Emrys, est guérisseuse. Elle crée des onguents et des remèdes, donc tout le monde vient la voir, mais derrière son dos, on la traite de sorcière.
Un jour, un incident va mal tourner, et Emrys va utiliser des pouvoirs qu’il ignorait posséder. Suite à cet événement dont il va être profondément marqué dans sa chair et dans son âme, il va se faire une promesse. Mais il lui faudra retrouver son passé. C’est ainsi qu’il va découvrir l’île de Fincayra, un lieu entre les mondes. A travers sa quête pour découvrir sa véritable identité, il va faire des rencontres surprenantes, les indices seront donnés comme des miettes au fil du récit, et tout s’éclaircira à la fin.
Sans être original, le récit fonctionne très bien. Il se lit agréablement, utilise toutes les bonnes clefs au bon moment. Les personnages sont attachants, le récit est bien rythmé, les informations arrivent à point nommé, et on n’a pas de sensation de « comme par hasard » trop forte. Le récit étant raconté du point de vue d’Emrys, on découvre tout avec lui, et on se plonge dans ses propres émotions, ses contradictions.
Son succès n’est pas usurpé, et mine de rien, je suis curieuse de voir comment la série continue. ^-^

Lecture en cours : le murmure des oubliés, Tome 1 – Jean-Gil Pinel

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