Septembre fut riche en lectures variées, mais aussi en sorties chez Livr’s ! comme j’ai eu l’insigne honneur de lire les trois romans en avant-première, je me suis permis de les ajouter à mon bilan de lecture. Du coup, j’avais assez de titres à chroniquer pour faire un épisode spécial Livr’s.

Livr’s éditions est une maison d’édition montoise qui existe depuis janvier 2015, toute jeune donc. Emilie Ansciaux, auteure et éditrice, a monté sa maison d’édition en plus d’un travail à temps plein, et depuis lors, elle navigue de salon littéraire en festival avec son pool d’auteurs, tous incroyablement gentils, ouverts à la discussion et intéressants.

Emilie est, selon moi, une éditrice passionnée, qui sélectionne avec soin les manuscrits qu’elle édite. Elle a l’œil pour voir au-delà de ses premières impressions et donne sa chance à chacun. Elle tient aussi compte des avis de son comité de lecture, pour ne jamais risquer de laisser sur le ban un roman qui gagnerait à être connu. Elle a des goûts éclectiques, et c’est grâce à cela qu’elle nous mène à la rencontre d’univers si différents, de genres si variés. Avec une constance, malgré tout : le soin de ses auteurs, le travail rigoureux sur les textes, la correction minutieuse et le dialogue pour apporter ce qu’il y a de mieux à chaque roman. 🙂

 

Eclipsis, tomes 2 et 3 – Emilie Ansciaux – agréable lecture

Eclipsis est un peu l’œuvre de jeunesse d’Emilie. Cette trilogie retrace les aventures d’Angélique, une jeune femme pas du tout ordinaire, dans un monde étrange régi par des puissances dangereuses. L’avenir du monde repose sur le bon fonctionnement de cet équilibre d’énergies. L’Eclipsis, c’est le moment où les forces entre les mondes seront telles qu’ils finiront par entrer en collision et tout détruire. Dès le tome 1, Angélique va s’employer à empêcher ce phénomène, en s’opposant à une lignée de sorcières qui rendent le roi du monde principal tyrannique et mauvais. Elle se trouve également au centre de prophéties qui annoncent tour à tour la destruction des mondes et leur sauvetage. Elle affronte au cours de ces trois tomes la famille de sorcières qui tiennent absolument à garder le place au centre des affaires universelles, et le pouvoir qui en découle.

Le récit est rapide, endiablé, il y a peu de descriptions, beaucoup d’action. J’avais lu le tome 1 il y a plus d’un an, pourtant je n’ai eu aucun mal à me replonger dans cette trilogie. Emilie gagne en qualité plumesque au fil de ces trois romans, et c’est très agréable à constater. Si j’avais reproché au tome 1 une avancée beaucoup trop rapide, trop peu de descriptions, des passages survolés et un manque de logique temporelle, cela n’apparaît plus de manière dérangeante dans les tomes suivants. Il y a certes beaucoup d’ellipses temporelles, mais Emilie a cette capacité à ne parler que des scènes véritablement essentielles à son histoire. L’aspect humain et psychologique est comme toujours fort présent dans ce qu’elle écrit et tout se tient, mais ce que je lui reproche encore dans ces deux tomes, c’est de ne pas nous laisser assez découvrir les liens se créer entre ses protagonistes. Cela la force parfois à placer des fils trop gros, et certains retournements de situation deviennent dès lors parfaitement attendus.

J’ai trouvé cependant que le style d’écriture était excellent, même si je manquais parfois de la capacité à imaginer les lieux sur base des descriptions fournies (d’ailleurs, dans le tome 3, elle prend la peine de nous faire « visiter » certains lieux déjà évoqués dans le tome 1 :p).

Sans être ma trilogie favorite, Eclipsis a su m’emporter dans son univers et ses enjeux, éveiller en moi pas mal d’émotions et m’accrocher jusqu’à la dernière ligne. Chapeau bas, d’ailleurs, pour la fin qui m’a presque arraché une larme pour sa cruelle justesse.

 

les imhumvamps, tomes 1 et 2 – Sylvie Ginestet – agréable lecture

Bon, je tiens à préciser que les vampires, ce n’est plus vraiment ma tasse de thé depuis quelques années, même si j’aime encore les croiser de temps en temps dans l’un ou l’autre récit. En général, les histoires qui ne parlent que de vampires m’agacent depuis Twilight.

C’est pourquoi j’ai vraiment eu du mal à me laisser emporter par le récit de Sylvie. Pourtant, après avoir laissé ma lecture en plan pendant plus d’un an, j’ai décidé de lire la suite, (ma grande sœur avait beaucoup aimé et m’avait répété que je devais continuer car il y avait quelques pépites cachées derrière cette histoire qui commençait de façon somme toute très adolescente). J’espère du coup vous convaincre de lui donner sa chance, vous aussi. 🙂

Lilly est une jeune femme un peu particulière… Depuis qu’elle a fait un AVC, son corps semble avoir l’intention de la lâcher de manière bien trop anticipée. Elle est jeune et voudrait encore vivre, donc elle s’accroche. Elle s’accroche d’autant plus qu’elle se passionne pour les vampires et pense être capable d’en dénicher un pour lui demander de lui accorder la vie éternelle, afin de soigner son sang. Elle désire être vampire, non pas pour le côté glamour et fantasque de la vie nocturne, mais bien à des fins thérapeutiques. Son acharnement à trouver un membre de la race nocturne va porter ses fruits, puisqu’elle va rencontrer Darren, un vampire charmant, dégageant une aura séduisante, envoûtante, mais pourtant capable de se faire menaçant, voire dangereux. Elle arrivera tout de même à ses fins, à force d’entêtement.

Dans le deuxième tome, Lilly se rend compte qu’être une vampire n’est pas si simple, et qu’elle ne pourra pas continuer à prétendre être une humaine. Elle va devoir pénétrer totalement dans la société vampirique. En agissant ainsi, elle se rendra compte qu’elle est un peu particulière, mais qu’elle n’est pas la seule vampire dans ce cas. Elle va faire la rencontre d’une famille longtemps oubliée, qui lui ouvrira les bras et réveillera sa mémoire.

Le récit de Sylvie est plein de douceur, de sagesse et de respect. Ses méchants sont malveillants, mais ses protagonistes principaux ont tous leur façon d’exprimer une profonde bienveillance très agréable à lire dans un roman de vampires. On est loin du côté bestial et insensible d’Ann Rice, mais on n’est pas non plus dans la romance adolescente à la Twilight. Il y a de vrais enjeux pour Lilly et sa famille, de vrais dangers, un vrai ennemi à affronter. Et le combat ne se soldera certainement pas par une conversation mentale vite expédiée… :p

J’ai encore lu la version auto-éditée de Sylvie, pas celle reprise par Emilie. Je ne sais donc pas quelles sont les différences entre les deux éditions. Mais ce que je peux dire, c’est que Sylvie a vraiment une plume qui lui est propre, un style fluide, agréable, facile à lire. Comme je l’ai dit plus haut, on perçoit une grande douceur dans ses paroles, et son récit est réconfortant à lire malgré les scènes violentes et sanglantes. J’ai hâte de me plonger dans son troisième tome et de découvrir le dénouement de cette histoire. ^-^

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trouble, trouble-moi ! – S. A. William – coup de cœur

S.A. William, ou comment écrire de l’érotique éducatif !

Je n’aime pas vraiment la romance en général, car je trouve ses codes invraisemblables, et donc c’est un style totalement absent de ma bibliothèque.

J’ai été pourtant amenée à lire trouble, trouble-moi !, puisque j’avais pour mission de le corriger… Et je me suis laissé prendre au jeu.

Eva est une jeune femme de 28 ans qui manque terriblement de confiance en elle, malgré les apparences. Elle vient d’être nommée à la tête d’une chaîne de salles de sport, et la direction a beaucoup d’attentes par rapport à son arrivée dans la société. Elle ne se sent pas capable d’y arriver, malgré les séances de coaching. Pourtant, elle fait rapidement preuve d’efficacité, et son équipe travaille d’arrache-pied… Tout pourrait aller pour le mieux, s’il n’y avait pas ce sous-directeur au physique à tomber par terre qui lui fait du rentre-dedans depuis son arrivée dans les bureaux. Il joue avec ses nerfs, la charme et la titille, alors qu’au fond, il n’a aucune intention que cette situation aboutisse à une relation plus charnelle…

Car tous les deux souffrent d’un trouble qui les empêche de se laisser aller à un contact plus intime. Pourtant, c’est en se cherchant – et en se trouvant – qu’ils vont tenter de soigner ces troubles au fil d’une relation pleine de rebondissements.

J’ai adoré la façon dont Sonia aborde son roman, le jeu de tension entre les deux personnages, les scènes de sexe parfaitement réalistes, les questionnements et interrogations des personnages, l’évolution de leur relation. C’est un roman qui décomplexe totalement, et qui peut permettre à des gens timides d’essayer de trouver une meilleure façon d’aborder la relation sexuelle dans le couple. Je trouve ça cool, de parler de la réalité, plutôt que ces romances où tout est magnifique pendant l’acte, où le gars est un dieu au lit, etc. Parce qu’au final, le sexe bien fait, ce n’est pas quelque chose d’inné.

Ce roman thérapeutique est à mettre entre toutes les mains, même – peut-être surtout ? – celles des hommes.

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L’événement – Marc Brucker – agréable lecture

France, de nos jours dans le Midi-Pyrénées. Une jeune femme disparaît aux abords de la forêt alors qu’elle allait se balader avec son compagnon. Quand celui-ci revient d’être aller leur chercher une glace, il ne la voit pas. Il ne s’inquiète pas tout de suite, mais tandis que la glace fond et dégouline sur sa main, une pointe d’angoisse l’envahit. Et s’il lui était arrivé quelque chose de grave ?

Depuis l’événement, la région a bien changé. Entre les touristes et les curieux qui se massent dans tous les coins des environs, il devient difficile de prétendre que tout est normal. Le commissaire Bouvier et sa lieutenante Etxeberri sont surchargés de travail, car les disparitions étranges se succèdent. Tout semble pouvoir être résolu de manière rationnelle, jusqu’à ce qu’ils découvrent une macabre scène de massacre d’animaux. À ce moment, ils sont en droit de s’interroger : est-ce vraiment un humain qui commet ces horreurs ? Le docteur Dittman, qui rôde avec son 4×4 dans la région, et dont on sait qu’il a un passé pas très net dans ses recherches scientifiques, serait-il responsable d’une manière ou d’un autre ?

En tout cas, tout cela semble être le résultat de l’événement

Le récit de Marc mêle l’intrigue policière au fantastique avec un plume assurée. Le rythme est prenant, haletant par moments. Ses personnages sonnent juste, même si parfois j’ai trouvé que les dialogues manquaient de naturel. En revanche, l’histoire est très bien construite, les changements de points de vue sont bien placés, les révélations tombent aux moments opportuns… Et la fin est vraiment excellente !

J’ai trouvé à ce roman des airs de la Guerre des Mondes mêlée à Alien. Ce qui est sûr, c’est qu’il est truffé de références et qu’il joue sur plusieurs genres. Cependant, il n’apporte pas vraiment de résolution à la fin de l’histoire. En fait, tout est sous-entendu, et c’est ce qui me plaît terriblement dans la fin de son récit. Faudrait-il une suite ? Je ne pense pas, à moins de quitter le cadre du roman, et d’aller vers celui plus conventionnel de la série qui pour moi n’apporterait rien. Car même si ses personnages sont efficaces dans son récit, la force de Marc n’est pas vraiment de raconter des personnages, mais bien des histoires. Il raconte ce moment charnière où tout bascule, et le reste… Qui vivra verra !

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Le puits des âmes – Emilie Ansciaux – coup de cœur

Alénor est une jeune femme presque ordinaire. Étudiante à l’université, en couple avec le même garçon depuis des années, elle sait ce qu’elle veut et où elle va. Du moins en a-t-elle l’impression. Elle a malgré tout quelque chose de particulier : derrière la maison de ses parents, elle discute souvent avec un fantôme qui ne peut sortir du puits s’y trouvant. Ce fantôme, au fil des années, est devenu son ami et confident… Mais elle n’en a jamais parlé à son copain, de peur qu’il la prenne pour une folle.

Un jour, pourtant, elle va lui révéler son secret, et cela va causer une cassure entre eux. Justifiée ou non, peu importe, car un jeune motard arrivé il y a peu dans la bourgade va rentrer dans la vie d’Alénor, se précipitant dans cette faille. Quelles sont ses véritables intentions ? Alénor n’est pas en mesure de les imaginer. Elle se laisse charmer par son côté rebelle, sans tout à fait céder à ses envies.

Pour une jeune femme qui n’a connu que des certitudes, se trouver dans le doute et le questionnement constitue une expérience brutale, effrayante. Alénor va devoir choisir entre le bien et le mal, entre le connu et l’inconnu, la sécurité et le danger.

Et derrière tout cela, les Anges et les Démons continuent leur lutte ancestrale…

De nouveau, Emilie Ansciaux nous sert un personnage féminin fort et solide qui va être confronté à des épreuves morales, psychologiques qui dépassent les enjeux du quotidien. Son Alénor est au départ une jeune femme droite et franche, mais le doute va se glisser dans son esprit, par des rencontres et des événements hors du commun. Le lecteur se rend bien vite compte qu’Alénor n’est pas du tout vertueuse, car comme tout être humain, elle est sujette à la passion, à la jalousie, la gourmandise… Et tous ces péchés ont un attrait pour l’être humain qui aime l’excès, qui aime posséder car cela le rassure. Le récit d’Emilie n’est pas juste une course-poursuite, une partie de cache-cache entre les représentants du Bien et ceux du Mal. C’est aussi un questionnement philosophique sur les pulsions humaines, et ce qui les amène à détruire tout ce qu’ils possèdent.

Le seul défaut d’Emilie reste pour moi ses descriptions parfois trop légères, mais elle s’améliore, je vous le promets. 🙂

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S.O.S. Geek ! – Tyffany Schnewly – lecture légère

L’avantage d’être correctrice ou de faire partie d’un comité de lecture, c’est que l’on découvre tout un tas de romans que l’on n’aurait peut-être pas lus autrement. Par exemple, de la romance. 😉

Anaïs, 26 ans, est une geekette. Elle travaille dans un magasin de jeux vidéo, adore jouer à League of Legends avec ses frères et leurs potes le soir, suit les LCS sur Twitch TV, se déguise en Pikachu pour Halloween, collectionne les goodies à l’effigie de personnages de jeux vidéo…. Elle n’aime pas le rangement, ni le sport, ni la cuisine. Et elle est célibataire. En apparence, elle dit assumer sa vie, mais au fond, peut-être que ses rondeurs et son incapacité à se lier avec des gens IRL (in real life, dans la vraie vie quoi) la pèsent vachement. Un jour, alors qu’elle est en route vers son travail à bord de sa petite voiture, elle se retrouve en panne. Elle rencontre alors un homme charmant qui lui propose son aide. Au départ, elle ne se doute de rien, mais très vite, elle comprend que ce jeune homme n’est pas tout à fait normal…. puisque c’est un fantôme !

Il va alors demander à Anaïs de l’aider à convaincre Lola, son ex, de reprendre une vie normale. Car s’il est mort, il ne veut pas pour autant que la jeune femme brillante et si jolie finisse vieille fille.

Le roman de Tyffany Schneuwly se lit tout seul ! Les personnages sont cocasses, les clichés du geek un peu éculés mais marrants. Étant moi-même une joueuse de League of Legends, j’ai trouvé ça drôle – et pertinent – de le voir cité dans un roman mettant en scène une geekette (puisque actuellement League of Legends est le jeu le plus joué au monde). Cependant, je suis contente d’avoir eu un œil sur le texte avant parution. Je pense que le meilleur moyen de savoir si vous parlez bien d’un sujet, c’est de confronter votre texte à quelqu’un plongé dans le sujet. Je parle de cliché un peu éculé du geek, parce que j’en côtoie énormément dans ma vie, et j’en connais très peu qui soient encore du genre à manger de la pizza froide tout seuls devant leur pc sans avoir d’amis IRL. :p Aussi, LoL n’est pas un mmo comme les autres… C’est un MOBA (multiplayer online battle arena), et cela implique pas mal de choses que l’on ne peut pas savoir sans avoir expérimenté ce type de jeu. ^^ C’est de l’ordre du détail, mais cela donne plus de crédibilité au récit, d’autant plus quand l’information n’est qu’à un clic du lecteur. 🙂

C’était intéressant de voir la façon dont les deux filles que tout oppose finissent par s’apprécier mutuellement ainsi que leurs univers respectifs. À partir du moment où l’on accepte le postulat du fantôme, les rebondissements de l’histoire viennent naturellement. Les dialogues sont naturels, les personnages hauts en couleurs, et le récit se lit agréablement. Tyffany écrit bien, et de manière efficace, et un peu comme Sylvie, elle a une manière de faire passer de la douceur dans tout ce qu’elle écrit. L’évolution d’Anaïs est intéressante dans ce récit. Le fantôme va avoir un grand impact sur sa vie, et lui apporter un changement, un coup de frais, qui risque au passage de remettre quelques petites choses au clair. Anaïs est une fille complexe et bourrée de complexes. Toute cette aventure aura pour elle aussi un effet thérapeutique. C’est donc un roman léger, qui fait sourire, agréable à lire et drôle. ^^

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