Pour le mois de décembre, j’ai dû gérer pas mal de changements dans mes horaires (et une vie sociale un peu plus active que d’ordinaire), donc je n’ai pas beaucoup lu, j’espère que vous ne m’en voudrez pas… :p Je vais donc en profiter pour vous parler également de deux livres sur lesquels j’ai effectué la correction, ce qui portera mon bilan à quatre ouvrages ! ^-^

maitre du haut chateau

Le Maître du Haut Château

P.K. Dick

♦ Coup de cœur ♦

♦ éditeur  : J’ai lu ♦

♦ nombre de pages : 240 ♦

♦ genre : uchronie ♦

Résumé :

Le Maître du Haut château est un roman uchronique publié pour la première fois en 1962. Philip K. Dick imagine un monde où les Alliés auraient perdu la seconde guerre mondiale. Ainsi, la planète tout entière serait tombée aux mains des Allemands et des Japonais. L’histoire se déroule aux Etats-Unis, qui ne sont plus si unis que cela, puisque la conquête nippo-allemande a découpé le le pays en trois zones : la côte ouest appartient aux Japonais, le centre du pays est un peu livré à lui-même, et la côte est se trouve sous domination germanique. Nous suivons plusieurs personnages qui, à la manière des grands romans japonais, ne se croisent jamais vraiment même s’ils ont une influence les uns sur les autres par une espèce d‘effet papillon. On se plonge dans la vie de plusieurs personnages très différents les uns des autres, qui pourtant ont un point commun. En effet, ils en viennent tous d’une manière ou d’une autre à se questionner sur le pouvoir en place et se demander – directement ou non – ce qui se serait passé si les alliés avaient gagné. Cette question surgit dans leurs esprits car un homme a écrit un roman intitulé Le Poids de la Sauterelle (référence biblique), récit uchronique narrant l’Histoire si les Alliés avaient gagné. C’est ce roman dans le roman qui est au cœur du récit, en même temps que le Yi-King, un livre de référence chinois utilisé pour lire son avenir.

Avis :

Ce roman fut une véritable révélation pour moi, une démonstration de talent et de génie qui m’a totalement soufflée. La profondeur des messages, le caractère réel des personnages, la subtilité dans la narration, tout est un véritable enchantement pour le lecteur. Les références au contexte historique sont bien entendu nombreuses, mais jamais écrasantes. Sans même connaître en détail l’histoire de cette époque, le lecteur pourra se plonger dans le récit, et aura même sûrement envie d’en savoir plus après l’avoir refermé.

J’ai appris que l’auteur avait écrit ce roman d’une traite ou presque, se plongeant dans une retraite loin du monde pour le rédiger, et s’appuyant justement sur le Yi-King qui était très présent dans sa vie à ce moment. Selon moi, ces détails se ressentent dans la lecture : on sent une passion de l’auteur, une immersion totale dans son sujet, dans son esprit. Le souci du détail est également frappant, ainsi que la maîtrise des informations distillées au cours du roman. J’ai trouvé qu’il y avait une forte imprégnation culturelle dans son histoire, dans le sens où, parlant d’un monde dans lequel le Japon ressort victorieux et contrôlant une partie du monde, l’auteur écrit son roman en respectant quelques canons japonais dans le fond (entre autre les personnages très éloignés, mais partageant en partie leur destin par des actions qui se répercutent entre eux), et dans la forme (son écriture est poétique, saccadée et pourtant fluide, plongée dans l’esprit des personnages, terriblement introspective mais dotée d’un grand sens du rythme).
Pour moi, ce roman est une leçon à tous les niveaux. J’en ai tiré du plaisir en tant que lectrice, mais aussi en tant qu’auteure en découvrant un maître à suivre et respecter pour son talent.

handmaidThe Handmaid’s Tale (la servante écarlate)

Margaret Atwood

♦ Coup de cœur ♦

♦ éditeur : vintage books ♦

♦ nombre de pages : 307 ♦

♦ genre : dystopie ♦

Résumé :

Dans la République de Gilead, Offred n’a que très peu d’options pour sa survie : en tant que femme fertile, elle doit à tout prix tomber enceinte, porter la vie, sacrifier son corps et son individualité pour le bien commun. En effet, dans ce monde, beaucoup de gens sont devenus stériles à cause de maladies dues à des produits toxiques, radiations, etc.
Bien entendu, Offred n’est pas son vrai prénom. Cette femme d’une trentaine d’années a connu le monde avant Gilead. Elle était une femme comme vous et moi, qui avait un travail, un mari, une fille, un compte en banque, la possibilité de sortir boire un verre avec ses copines ou s’acheter de nouveaux vêtements quand elle le désirait.
Du jour au lendemain, des soldats dont elle ne reconnaissait pas l’uniforme ont pénétré sur son lieu de travail et ont annoncé à son patron que la nouvelle loi en vigueur lui interdisait d’employer des femmes. Leur compte en banque était déjà devenu la propriété de leur époux. Ce nouveau système s’est installé petit à petit, sans en avoir l’air, par de la propagande et des actions politiques, législatives.
Offred raconte son histoire dans un récit syncopé, alternant passé et présent, dans une espèce de désir inconscient de faire revenir ce passé à jamais perdu. Elle évolue entre plusieurs états d’esprit tels que l’apathie ou la rébellion, mais surtout, elle fait preuve d’une adaptabilité troublante, exemple parfait de la résilience des humains.

Avis:

Margaret Atwood a écrit un texte troublant de réalisme, addictif, compulsif et pourtant terriblement dérangeant. Si la servante écarlate est un récit dystopique, donc très extrémiste dans ses idées et son contexte, on ne peut s’empêcher de ressentir avec précision et réalisme les contours de cette société tordue. Ce roman nous rappelle que nos acquis sociaux (que l’on soit des femmes ou non) ne sont pas acquis, justement. Que c’est un combat de tous les instants que de faire respecter ses droits (et remplir ses devoirs) de citoyens. Nous avons une responsabilité morale et civique. Un pouvoir politique ne peut se mettre en place sans le support de la population, même un support passif ou tacite. Mais dans ce roman que certains diront féministe, l’auteure nous rappelle aussi que nous pouvons nous adapter à tout, et continuer de nous dresser contre l’ordre établi, à valoriser notre individualité et nos droits. La résilience de l’être humain est au cœur de ce texte. La fin est elle aussi magnifique, éclatante, car elle survit dans l’esprit du lecteur sous forme d’une question pleine d’opportunités.
Il ne faut pas forcément être amateur de dystopies pour apprécier la qualité du roman de Atwood. Parce qu’elle parle aussi de l’importance du souvenir, de la force de la mémoire (et de ses faiblesses aussi).

Voilà ce qui fait la deuxième révélation littéraire de ce mois de décembre. ^^

nocturne-1004067-264-432Nocturne

Sylvie Ginestet

♦ Coup de cœur ♦

♦ auto-édition ♦

♦ genre : romance fantastique ♦

Résumé :

Bruxelles, 1887. Nocturne est une jeune et belle vampire qui a toujours apprécié les plaisirs de la chair. Fréquentant la bonne société, elle a passé un accord avec quelques amis : lors des soirées mondaines, elle est prête à offrir ses charmes à de jeunes gens désireux de connaître l’extase, en échange de quoi elle prendra leur sang, leur vie. Jusqu’alors, elle a toujours fait preuve d’une certaine insouciance, un détachement pour les choses du cœur, mais pas du corps. Sa non-vie va être bouleversée le jour où elle rencontrera un jeune homme prénommé Gregor. Féru de musique, artiste, sensible et charmant, il va se laisser entraîner dans le jeu de séduction de Nocturne. Cédera-t-elle à ses pulsions ou écoutera-t-elle son cœur, qui pour la première fois depuis le début de sa non-vie exprime autre chose que de l’indifférence ?

Avis :

Sylvie a un style bien à elle, qui évolue et s’affine à chaque roman. Bien que l’on reconnaisse son écriture, elle parvient toujours à nous surprendre sur les thèmes qu’elle aborde et la façon de les développer. C’est cette grande variété de plaisirs qui m’enchante toujours dans ses romans. Dans Nocturne, Sylvie nous parle de nouveau de vampires, mais cette fois-ci, rien à voir avec ses imhumvamps. Nocturne est un animal qui aime le sang, qui aime le sexe et qui ne s’en cache pas. Même si elle a un visage bien fait, une tête bien remplie, et qu’elle sait faire preuve de délicatesse et de raffinement. J’ai apprécié l’énergie mise dans le souci du détail par rapport à l’époque où se déroule le récit, tant dans le langage utilisé que dans les détails de décors (comme le tram qui sonne tous les matins à la même heure devant la maison de Nocturne).
J’ai passé un excellent moment en compagnie de Nocturne, j’ai apprécié son humour, son côté un peu brute parfois et pourtant plein d’émotions quand il s’agissait de Gregor. Le questionnement sur la nature surhumaine, le décalage entre l’homme et l’immortel, la moralité, l’égoïsme et l’amour ne sont que quelques sujets abordés tout en douceur dans ce texte rempli d’érotisme poétique.
En conclusion, si vous ne connaissez pas Sylvie, n’hésitez pas à la découvrir, et à suivre son évolution littéraire. ❤ Pour ceux qui la connaissent, vous pouvez continuer à tourner ses pages, car elle offre toujours ce qu’elle promet. 🙂

bistrotLe bistrot des cœurs écorchés

Virginie Guyon

♦ lecture feel good ♦

♦ auto-édition ♦

♦ genre : romance contemporaine ♦

 

Résumé :

Chez Cosette est un bistrot un peu particulier, où viennent se retrouver plusieurs habitués. La belle Cosette leur offre un moment de répit dans leurs vies trépidantes et bousculées. Elle-même a perdu son mari, voilà quelques années, et continue chaque jour d’ouvrir le bistrot en sa mémoire, même quand elle est fatiguée, épuisée par sa vie, par le vide et la solitude.
Au cours du récit, Virginie Guyon nous présente plusieurs personnages, tous hauts en couleurs, remplis d’une énergie de vie, d’une étincelle qui les rend uniques. Aussi, ils partagent tous les stigmates de la souffrance infligée par une vie parfois trop cruelle (Sauf peut-être Victoire, qui est un personnage tout à fait à part dans l’histoire). On va partir sur les traces d’un passé longtemps oublié, découvrir des liens et affections inattendus, découvrir l’amour dans des sourires surprenants, redécouvrir l’amitié à travers des histoires tourmentées et pleines d’émotions.

Avis :

Je dois admettre que ce n’est pas la thématique du récit qui m’a attirée tout d’abord. Je lis très peu de romans se passant dans le monde réel, et encore moins de romance, mai je suis ouverte d’esprit (si si, je vous jure :p). Quand j’ai lu les premières pages de Virginie, je me suis dit « pourquoi pas, après tout ? ». Pourtant c’est écrit en je, au présent, et on voyage entre plusieurs points de vue au fil du roman. Bref, des aspects techniques de l’écriture qui, habituellement, ont plus de chances de me faire abandonner le livre qu’autre chose. :p
Dès le départ, on comprend la souffrance de Cosette, mais aussi sa force et son obstination. On ressent son manque de confiance en elle, son besoin d’avoir un partenaire dans la vie, mais son désir de rester fidèle à son défunt époux car elle l’a aimé plus que tout et ne peut envisager une vie où elle aimerait un autre homme. J’ai trouvé les sentiments abordés par ses différents personnages très vrais et très réels, même si au départ, j’avais du mal à accrocher à leurs caractères particuliers. C’est très difficile de faire découvrir un personnage en quelques paragraphes, même introspectifs, les rendre consistants et concrets. Le seul personnage pour lequel, selon moi, Virginie a eu plus de mal à en dessiner les contours, c’est Victoire. Elle sert de raccord temporel au récit, ce qui est plutôt bien trouvé, mais manque un peu de corps et semble plutôt fade par rapport aux autres (même si elle a un fort caractère). En revanche, j’ai adoré l’histoire de Miss Daisy. Je n’aurais pas dit non pour lire sa biographie, justement. :p
Les vies de ces personnages ont beau être parfois sombres, à la fin elles s’éclairent sous un jour nouveau, nous rappelant qu’aucun état n’est éternel. Que l’on peut être acteur de son propre changement, à travers des gestes quotidiens et des rencontres. Il faut aussi accepter l’inconnu et ne pas hésiter à avancer, même si ce pas en avant peut être amené par un désir de retrouver un passé perdu.
En quelques mots, je suis très heureuse d’avoir découvert le récit de virginie, ainsi que sa plume qui a clairement du potentiel. 🙂

Lectures en cours :

Le Protectorat de l’Ombrelle #1 : Sans Âme – Gail Carriger

Marée stellaire : David Brin

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