Alouettes – Jeanne A. Debats

♦ éditeur : Hélios ♦

♦ nombre de pages : 469 ♦

♦ genre : urban fantasy ♦

À relire

Les + :

  • L’humour
  • la culture
  • les descriptions

Les – :

  • côté parodique parfois trop marqué

Résumé :

Agnès a changé depuis ses précédentes mésaventures. Elle a souffert de la perte d’un être très cher et se réfugie dans la consommation d’alcool, surtout de Lagavulin, son pécher mignon. Elle a grossi et consomme les hommes sans passion, par pure nécessité. Son seul moyen de survivre indépendante dans cette ville truffée de fantôme, c’est en s’entourant constamment de petits pentacles de papier qu’elle fourre dans ses poches.
L’histoire démarre sur le témoignage d’un tristement magnifique couple improbable : un vampire et une kitsune, tout juste adolescents, qui demandent à Géraud (l’oncle d’Agnès) de les marier. En parallèle, Agnès doit enquêter sur la mystérieuse disparition d’un étrange artefact extrêmement dangereux que l’on pourrait nommer godemiché magique.
Bien entendu, on se doute très vite que ces deux affaires sont liées… par contre, je vous assure que l’on ne s’attend pas du tout à ce qui va suivre. Amours interdits, Roméos et Juliettes à la pelle, contrats signés au milieu de la nuit, monde virtuel ultra réaliste,… tout cela donne un mélange explosif et incisif, extrêmement jubilatoire et irrévérencieux.

Avis :

À sa sortie chez ActuSF, le premier tome des aventures d’Agnès a rapidement atterri dans ma pile à lire. Je l’ai dévoré en trois jours avec joie et jubilation. Je découvrais enfin de la fantaisie urbaine française qui ne se contentait pas de copier les schémas narratifs du genre anglo-saxon. Jeanne A. Debats avait réussi à s’approprier le genre pour développer dans le cadre de clichés bien ancrés (loups-garous versus vampires, triangles amoureux, malédictions etc) une histoire qui lui appartenait.
Je n’ai pas eu l’occasion de découvrir le tome 2 tout de suite, mais je ne regrette pas vraiment d’avoir attendu le format poche.
J’ai bien aimé ce tome-ci également, qui peut se lire quasi indépendamment du premier puisque l’intrigue en elle-même n’a rien à voir, mais il m’a clairement laissé un goût amer.

Je m’explique. 🙂 Dans le tome « l’héritière », on sentait le côté parodique sans que celui-ci soit envahissant. Il y avait de l’humour, des clins d’œil et des scènes vraiment drôles, mais l’intrigue de base avait quelque chose de vaguement sérieux. Dans ce deuxième volume, rien n’est plus sérieux du tout, même l’inquiétude de voir arriver l’apocalypse, ou du moins la destruction de la destinée. C’était drôle, j’ai bien ri, mais j’ai eu aussi le sentiment de lire un condensé d’humour agaçant et presque condescendant. Je suis même certaine d’être passée à côté de plein de détails parce que j’avais presque envie de sauter certaines scènes.
Les références à Roméo et Juliette m’ont clairement laissée insensible, même si les deux ou trois premières fois m’ont fait sourire. La quête du godemiché magique était drôle, mais un peu trop décalée pour moi. Les personnages, aussi, m’ont semblé plus potaches que dans « l’héritière ».
J’ai trouvé l’histoire marrante, les références culturelles impressionnantes, la connaissance que l’auteure a de Paris incroyable. Pourtant, je n’ai pas été embarquée comme dans Rivers of London. Je n’ai pas forcément envie de lire prochainement un nouveau roman dans cet univers et avec ces personnages.

Il y a des petites choses qui m’ont bien fait plaisir malgré tout. 😉

Le rapport à la technologie est très actuel et bien utilisé.
Les références historiques rappellent l’importance du contexte d’un récit (comme dans Rivers of London), car cela rajoute de la profondeur à l’intrigue.
J’ai beaucoup aimé la fin du roman, car je ne m’y attendais pas (surtout une scène dansante particulièrement drôle). ^^

Je pense tout de même que je le relirai dans quelques années, pour partir à la traque des références que j’ai loupées lors de ma première lecture. 🙂

En bref, si vous voulez de la fantaisie urbaine sérieuse, passez votre chemin. Si au contraire, vous êtes prêt à vous prendre une patate culturelle bourrée d’ironie, allez-y, c’est vraiment bon.

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