Smoke – Dan Vyleta

♦ éditeur : Robert Laffont ♦

♦ traducteur : Isabelle Delord-Philippe ♦

♦ nombre de pages : 564 ♦

♦ genre : dystopie ♦

coup de cœur

Résumé :

Thomas et Charlie sont en internat dans une école un peu particulière où l’on éduque les enfants de la noblesse. Durant leur scolarité, les jeunes nobles doivent apprendre à ne pas fumer, car la fumée est l’expression de tous les péchés, elle est sale et impure. Julius, lui, est le préfet. La nuit, il convoque les garçons dans les salles de douches, en choisit un au hasard et le soumet à la question. le garçon doit alors répondre sans fard aux questions posées. S’il émet de la fumée, c’est qu’il est impur.
Une nuit vient le tour de Thomas d’être interrogé. Mais Thomas est particulier. Il n’a pas suivi la même éducation que les autres et vient juste de rentrer à l’internat six mois plus tôt. Il ne maîtrise pas sa fumée comme les autres et Julius le sait.
À partir de cette nuit, plus rien ne sera pareil pour aucun des trois garçons. Ils vont s’entraîner mutuellement dans les tréfonds du vice, dans les ombres du péché, sur une route initiatique qui va les transformer, eux et d’autres personnes. Ils vont aussi ouvrir les yeux sur la réalité des adultes, celle qu’on leur cache depuis toujours, au sujet de la fumée, mais pas seulement d’elle.

Avis :

Smoke est un roman que vous aimerez ou que vous détesterez, je pense. Il n’est pas à comparer à d’autres, même s’il se donne des airs de roman à la Dickens, même s’il joue avec les codes de la dystopie.
En allant sur quelques sites de lecteurs, j’ai constaté que ce roman obtenait d’aussi bonnes notes que de mauvaises, ce qui m’a plutôt interpellée. En général, les avis négatifs concernaient des lecteurs qui avaient apprécié le début mais avaient décroché au milieu.
Au début, les protagonistes sont à l’école et l’on suit leur vie en internat. Je préciserai que ça n’a rien à voir avec Harry Potter et il n’y a même pas de parallèle à faire entre les deux. C’est un moyen pour l’auteur de commencer le récit en douceur, mettre le lecteur en condition, l’apprivoiser et l’attirer dans les filets de ses personnages. Puis, peu à peu, il bascule. Entre envolées lyriques et dialogues piquants, entre introspection et dénonciation du système, ce récit vous emmène vraiment sur les trace du mal et du pouvoir.

Au niveau de l’écriture, j’ai trouvé la qualité de la traduction vraiment excellente. Bien entendu, j’ai toujours la curiosité de me demander à quel point le texte reste fidèle à l’original. ^^
C’est écrit au présent, avec certains passages en je, et j’avoue que selon moi, ce sont les passages les moins réussis, surtout ceux qui concernent les personnages secondaires. Pourtant, je comprends la volonté de l’auteur. Cela lui permet d’explorer d’autres points de vues, de rentrer dans la psyché de plusieurs types d’individus.

Par contre, j’ai vraiment adoré la relation entre Thomas et Julius. Leur antagonisme, la lutte qu’ils mènent chacun au fond d’eux-mêmes et qui les amène à s’affronter.
De manière générale, j’ai lu beaucoup de scènes que je n’avais encore lues nulle part ailleurs, ou du moins abordées d’un œil que je trouvais relativement neuf. Forcément, cette sensation tient en grande partie à la culture de chaque lecteur, mais ça a clairement participé à mon plaisir de lecture.

Je reprocherai peut-être une fin un peu hasardeuse concernant le trio principal. J’ai trouvé que la décision qu’ils prennent était trop simple, et qu’elle n’était pas abordée de la bonne manière (même si je ne la juge pas d’un point de vue moral ou éthique) car trop survolée, et du coup manquant de pertinence par rapport au reste. Je ne peux malheureusement en dire plus à ce sujet. Je serais curieuse de connaître l’avis d’autres lecteurs sur cette fin. 😉

Je suis en tout cas ressortie de ma lecture un peu chamboulée, pleine d’émotions, et avec l’envie de le rouvrir à la première page tout de suite. J’espère qu’il trouvera d’autres lecteurs prêts à se plonger dans les effluves de sa Fumée.

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