Rouge Toxic

Morgane Caussarieu

♦ éditeur : Naos ♦

♦ nombre de pages : 348 ♦

♦ genre : urban fantasy ♦

♦ lecture addictive ♦

les + :

  • du bon vieux vampire
  • personnages attachants

les – :

  • Barbara

Résumé :

Barbara – surnommée Barbie – se retrouve orpheline à 15 ans. Son père scientifique s’est fait tuer par une bête sauvage dans son laboratoire, où il faisait des tests sur des animaux. Son parrain, Abraham, devient son tuteur et l’emmène dans une autre ville, dans un autre lycée. Il pousse le vice jusqu’à lui faire changer de nom de famille.

Barbie a tout le temps l’impression d’être observée. Elle se demande si cette paranoïa est justifiée ou non, mais le comportement d’Abe, de plus en plus tendu, lui donne raison.

Faruk, lui, est un vampire très âgé, qui vit dans le Tenderloin, où il se nourrit allègrement de junkies dont personne n’a que faire. Un jour, une femme vient le voir pour lui demander son aide. Elle lui propose un marché qu’il n’accepte pas tout de suite. En revanche, quand Abe vient lui exposer la même demande, il finit par accepter, motivé par son caractère  raisonnable, et son envie de retrouver son géniteur, celui qui a fait de lui cette bête sanguinaire. Il va devoir protéger Barbie au lycée.

Ainsi, Barbie et Faruk finissent par se rencontrer. La relation ne commence pas de la meilleure manière qui soit, d’autant plus que Barbie semble immunisée à ses charmes vampiriques. Faruk désobéit aux ordres d’Abe en tentant de séduire Barbie, qui ne se laisse pas faire si facilement. Mais Barbie est-elle vraiment en danger ? Et si oui, pourquoi ? Qu’a-t-elle de si particulier ? Est-ce que toute cette affaire a quelque chose à voir avec la mort de son père ? Et cette maladie dont elle semble atteinte, qu’est-elle exactement?

Avis :

C’est le premier roman de Morgane Caussarieu que je découvre et je dois avouer que j’apprécie beaucoup son univers et son humour. Grâce à mon amie, Manon, je vais être obligée de découvrir ses autres romans, dans les veines et je suis ton ombre. :p

Ici, l’auteure se plonge volontairement dans un récit plus adolescent : lycée, amours et amitiés se mélangent sur fond de massacres sanglants. Le ton est, paraît-il, plus léger que dans ses romans précédents.

L’auteure écrit l’histoire en je, alternant les chapitres entre Barbie et Faruk. Les caractères des deux personnages et leur façon de raisonner sont bien différentes, ce qui est plutôt amusant à découvrir. Je n’ai pas particulièrement apprécié Barbie, qui me semble plutôt un outil dans l’histoire que vraiment un personnage à part entière. Ceci est probablement dû au fait qu’elle ne connaît rien de l’univers paranormal. Ainsi, elle ne peut pas prendre part activement à l’histoire puisqu’elle la subit à cause de son ignorance. Bien qu’elle soit l’un des deux protagonistes à s’exprimer pour le lecteur, elle devient ainsi un personnage secondaire ou un objet de quête, dépersonnalisée. Jusqu’au moment où a lieu le twist et qu’elle découvre une partie de la vérité. Là, alors, elle gagne en épaisseur, devient actrice de son malheur, et malgré cela, elle reste naïve et ignorante. J’ai clairement trouvé la deuxième partie de l’histoire bien plus intéressante de son point de vue.

Par contre, j’ai vraiment adoré tous les passages sur Faruk. J’ai aimé son conflit intérieur entre la bête et la raison, entre l’amour et la famille. L’auteure nous plonge parfois dans son passé à travers des souvenirs morcelés de sa jeunesse. Sa vie en Afghanistan, son père, ses frères, ce jour où il a cessé d’être un humain pour devenir une bête assoiffée. Faruk est un personnage fascinant, et je pense que je n’aurais pas dit non pour avoir une histoire peut-être plus longue mais entièrement de son point de vue.

J’ai aussi apprécié l’humour de l’auteure. On sent à travers les deux personnages son côté décalé, en opposition à la romance vampirique actuelle. Et j’ai beaucoup apprécié qu’elle ait trouvé une raison logique à Faruk pour fréquenter le lycée. Parce que personnellement, si j’étais âgée de plusieurs centaines d’années, je n’aurais certainement pas envie d’aller me retaper dans une classe de géographie au milieu d’une bande d’adolescents boutonneux !

Et puis, on sent qu’elle n’en est pas à son coup d’essai… Elle possède un style très agréable à lire, qui vous emporte de page en page sans voir le temps passer. Le livre n’est pas épais, mais je l’ai lu à une vitesse affolante (certainement en partie à cause de la mise en page très légère). Les chapitres sont ultra courts, ce qui en soi n’est pas une qualité pour moi (ni un défaut d’ailleurs) car je ne lis jamais au rythme des chapitres (il m’arrive de m’interrompre au milieu d’une phrase).

Morgane Caussarieu maîtrise également l’alternance de points de vue. Elle coupe ses chapitres au bon endroit et ne perd pas de temps à répéter ce qu’on vient de voir du point de vue de l’autre personnage. L’enchaînement des actions est très fluide (à quelques exceptions près ^^).

Enfin, le travail sur la culture vaudou ! L’auteure connaît son affaire et cela se sent. Quel plaisir de retrouver le Baron Samedi dans le décor de la Nouvelle-Orléans ! Elle en dit assez pour que l’on saisisse sa connaissance et son amour pour cet univers…

En conclusion, si vous aimez les vampires bestiaux et puissants, si vous aimez les histoires pleines de rebondissements avec une touche de romance adolescente, si vous voulez découvrir l’univers de Morgane Caussarieu, je ne peux que vous recommander ce livre drôle, intelligent et sombre. Et moi, je vais aller rajouter ses autres bouquins sur ma wishlist.

 

Publicités