Quand vient la vague

Manon Fargetton, Jean-Christophe Tixier

éditeur : Rageot

nombre de pages : 267

coup de cœur

les + :

  • beaucoup d’émotion
  • les personnages

les – :

  • la chronologie

Résumé :

Nina et Clément sont heureux, ils ont une vie normale, des parents qui s’aiment et prônent la sincérité, l’honnêteté. Ils vivent en bord de mer, où Clément peut surfer autant qu’il le désire. Leur père est représentant commercial pour une ligne de vêtements de sport. Il démarche surtout dans les alentours, mais il lui arrive, une semaine par mois, de partir à Nantes pour le travail.

Au début du livre, on apprend la disparition de Nina alors qu’elle n’a que 17 ans. Clément est désemparé, se sent trahi. Depuis la fugue de sa sœur, il a l’impression d’être comme anesthésié. Un jour, son ami Noah l’exhorte à se démener pour retrouver Nina. Elle va bientôt être majeure, alors la police n’aura plus d’obligation de la rechercher. La loi lui donnera le droit de fuguer.

Quand vient la vague raconte l’histoire de Nina, ce qui l’a poussée à tout quitter du jour au lendemain, et la recherche effrénée de son frère, pour remonter le fil, découvrir ce qui a fait éclater leur famille.

Avis :

Pour le coup, je dois avouer que je suis totalement partiale concernant ce livre ! Tout d’abord, Manon Fargetton est une de mes auteures favorites. Je lis à peu près tous les romans qu’elle sort, sans distinction de genre ou de public cible. Donc quand j’ai appris la sortie de ce roman l’année dernière, je savais que je n’avais aucune chance de résister à la vague. 😉

C’est un roman plutôt court (moins de 300 pages, lu en une soirée), seul détail qui m’a fait hésiter. J’ai vu Manon sur le stand de Bragelonne le samedi 24 février et j’ai su que je craquerais avant la fin de la Foire du Livre.

Si je ne connais pas du tout les écrits de Jean-Christophe Tixier, la lecture de Quand vient la vague a titillé ma curiosité !

Car c’est un roman plein de qualité et rempli d’émotions.

Au niveau du style, les plumes des deux auteurs s’accordent bien. Les points de vue de Nina et de Clément s’alternent pour recomposer une fresque, avançant vers l’instant présent tout en remontant dans le passé. Les voix des personnages se répondent, la tension monte chez le lecteur au fil de la lecture, car on sent s’approcher la vague, la déferlante d’émotions, le choc. Les parties de Nina sont écrites en je, contrairement à celles de Clément. J’ai apprécié ce jeu de points de vue, car il permet de savoir immédiatement quel personnage on suit même si on laisse le livre de côté pendant un petit temps (enfin, qui ferait ça ? Mais bon, ça peut toujours être utile ^^).

J’ai trouvé l’histoire vraiment très bien construite. Le jeu sur l’ordre dans lequel apparaissent les scènes du passé fait planer le mystère pendant un bon moment. Le lecteur n’a donc d’autre choix que de se laisser porter jusqu’à enfin posséder toutes les clefs pour comprendre ce qui se passe. Mais ce n’est pas seulement là que réside l’intérêt du livre.

En effet, il véhicule aussi de très fortes émotions. Il parle des apparences, des mensonges, des choix de vies. Comment auriez-vous réagi à la place de Nina ? Est-ce que, vous aussi, vous auriez décidé de tout plaquer du jour au lendemain ? Allant jusqu’à jeter vos clefs dans le caniveau ? Je dois avouer que je n’en sais rien… Je n’imagine pas la douleur que doit causer le genre de découverte que fit Nina.

À la place de Clément ? Je n’en sais rien non plus. Que faire quand votre sœur disparaît du jour au lendemain ? Comment garder espoir ? Comment la retrouver ? Par où commencer ?

Systématiquement, les livres de Manon me poussent à m’interroger sur mes sentiments, mes propres réactions dans la même situation que ses protagonistes. Ses textes sont portés par un style simple, mais travaillé, efficace et porteur de sens. Chaque mot est mesuré, chaque phrase placée là où elle le doit Elle touche toujours une corde sensible, car elle parle de choses vraies. Elle parle de l’humain avec beaucoup de finesse et de perspicacité. Jean-Christophe et Manon ont réussi à me chambouler complètement. ❤

Je n’y verrai qu’un seul aspect négatif : j’ai eu l’impression que la chronologie dans le récit de Clément n’était pas exacte. Peut-être est-ce dû au fait que je l’ai lu trop vite, mais ses deux mois de recherche m’ont semblé bien plus longs selon les informations données dans ses chapitres. ^^

En conclusion, ce roman, bien que trop court selon mes standards habituels, m’aura retourné les tripes et tenue entre ses pages jusqu’à la dernière ligne. Si vous aimez les romans qui sentent le vrai, qui vous touchent en plein cœur, alors n’hésitez pas, laissez-vous emporter par la vague. 🙂

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