Elia-la-paeuse-d-ames

Elia, la passeuse d’âmes #2 : saison froide

Marie Vareille

♦éditeur : PKJ ♦

♦ nombre de pages : 416 ♦

♦ genre : dystopie ♦

agréable lecture

Les + :

  • l’univers
  • le rythme de narration

les – :

  • les relations entre les personnages

Si vous n’avez pas lu le premier tome, je vous invite à aller en lire ma petite chronique, plutôt que de lire ce qui suit (alerte spoilers ! :p)

Résumé :

Elia est une passeuse d’âmes. Elle a les cheveux roux, ce qui la désigne comme un être totalement à part dans cette société totalitaire. Elle a été obligée de rejoindre les exploitations de phosnium et de se faire passer pour une Nosoba pour survivre. Depuis, sa vie n’a cessé de se compliquer.

Pour retrouver Édeline, qu’elle sait toujours vivante, elle décide de rejoindre le Conclusar, le centre de détention pour mineurs. Si elle y survit, elle pourrait bien devenir Gardienne, ce qui lui assurerait quelques privilèges. Mais là n’est pas son but, bien entendu. Accompagnée de Solstan, elle y entre dans le but de sauver sa sœur. Mais quand elle retrouve celle-ci, tout semble bien plus compliqué que ce qu’elle avait imaginé.

Pendant ce temps, les rebelles de l’Aube attendent le bon moment pour frapper d’un grand coup les hautes sphères politiques de la cité. Ils veulent que cesse l’oppression des Nosobas (et surtout éviter le désastre du secteur développement). Mais le syndicat des passeurs d’Âmes ne l’entend pas de cette oreille. En effet, ces êtres dénués de toute émotion ont leurs propres objectifs pour l’avenir de la société – et du restant de la race humaine.

Avis :

L’année dernière, j’ai lu le premier tome de cette série avec beaucoup de curiosité. vous pouvez retrouver ma petite chronique dans mon bilan de lecture de septembre 2017. Le premier tome s’achevait sur l’annonce qu’Elia allait s’inscrire au Conclusar après un entraînement musclé prodigué par Solstan.

Dans ce deuxième tome, l’auteure a réussi à gommer les défauts du premier. Je n’ai pas ressenti de passage moins abouti ou moins bien travaillé, donc la qualité du roman est plus homogène.

Au niveau de l’histoire, j’ai trouvé la narration très intéressante. L’auteure a augmenté le nombre de points de vue différents, ce qui permet d’avoir une vision plus globale de l’histoire. Le défaut, c’est que l’on se détache un peu d’Elia, qui finalement s’avère être une fille normale dont le seul but est de sauver sa sœur. Elle a moins l’occasion de briller d’héroïsme, mais les autres personnages gagnent en importance.

J’ai trouvé la construction du récit très bien pensée, car elle participe au caractère addictif, compulsif du roman. La façon dont les scènes sont découpées vous fait tourner les pages avec avidité pour toujours en savoir plus. Il y a un élément en particulier que j’ai trouvé très chouette, mais que je vous laisse le plaisir de découvrir (même si sur le coup, j’en ai beaucoup voulu à l’auteur de ne pas nous donner la réponse immédiatement).

Les personnages gagnent donc en profondeur pour la plupart. En revanche j’ai été un peu déçue de la tournure que prend Tim, ou même Ahria. J’avais bien aimé dans le premier tome que l’on ne s’attarde pas sur les histoires de cœur des personnages. Or ici, les relations romantiques entre les protagonistes prennent plus de place. Résultat : certains passages m’ont un peu fait rouler des yeux. :p

Je n’ai pas tellement trouvé d’originalité dans ce récit, globalement, mais il est bien raconté, prenant et travaillé avec soin. Les adolescents sont remplis de l’espoir de pouvoir changer les choses, dans un but avant tout assez égoïste (protéger sa famille, sauver sa sœur, etc), tandis que les adultes ont une vision moins optimiste du conflit qui se joue froidement entre Nosobas et Kornésiens. L’auteure parle de la valeur du sacrifice, de la manipulation de l’information, de l’étouffement du peuple par les dirigeants tout puissants pour « le bien commun » et ce genre de thématiques plutôt récurrentes dans les dystopies.

En revanche, j’ai beaucoup aimé un élément qui surgit à la fin : l’auteure évoque le fait que, parfois, il arrive que les deux camps usent du même discours, nourrissant pourtant des objectifs diamétralement opposés. Ce qui constituait, avant, une bonne raison d’agir devient soudain l’argument des adversaires et perd tout son sens pour les rebelles, les alliés du peuple.

En conclusion, ce deuxième tome était, d’un point de vue scénario, très à la hauteur du premier. L’auteure s’est améliorée sur certains aspects de son écriture, mais sur d’autres, je n’ai pas autant trouvé mon plaisir que dans le premier tome. Mon impression à chaud souffre certainement de ce que j’avais vraiment adoré ma lecture précédente (Shades of Shadows). Malgré tout, j’ai passé un moment riche et intense en compagnie d’Elia, Solstan et les autres. 🙂

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