#SAM

#SeulAuMonde

Céline Saint-Charle

♦ éditeur : Livr’s ♦

♦ nombre de pages : 308 ♦

♦ genre : post-apo ♦

Coup de cœur

Les + :

  • amène la réflexion
  • personnages très variés

Les – :

  • Lent à démarrer

Quatrième de couverture :

Imaginez-vous vous réveiller un beau matin dans un monde vidé de sa population.

Toute la technologie fonctionne encore, mais vous êtes seul, désespérément seul.

Comment réagiriez-vous ? Quelles seraient vos priorités ?

Une poignée de survivants. Quatre hommes, trois femmes. Isolés dans différents pays.

L’ultime chance de l’Humanité.

Avis :

Depuis toujours, je suis une grande amatrice de post-apocalyptique, surtout quand le récit a une touche de science-fiction ou de fantastique. Quand j’ai ouvert #SeulAuMonde, je n’avais aucune information à son sujet. C’est ma manière favorite de découvrir un roman. De cette façon, je n’ai aucun a priori, aucune attente. J’accepte de jouer le jeu et de me lancer dans la lecture.

« Céline Saint-Charle, divertis-moi » résume à peu près mon état d’esprit avant de commencer ma lecture.

Le début fut rude, je l’admets. Je trouvais les phrases un peu longuettes, les personnages un peu trop caricaturaux de prime abord. De plus, Céline ne nous laisse pas vraiment nous attacher au protagoniste avant d’en changer subitement ! L’histoire met du temps à se mettre en place.

Si au début j’ai pu penser que cela relevait des points négatifs, j’ai vite compris que d’un point de vue plus objectif, ce choix narratif avait un sens. Dans la manière d’écrire de Céline, les protagonistes mettent un certain temps à sortir de leur carcasse. On se rend vite compte qu’ils ont tous des défauts, des angoisses, des comportements très marqués. Et ces caractéristiques se marquent d’autant plus que ces gens si différents les uns des autres se retrouvent à vivre ensemble, car ils n’ont plus personne d’autre !

Céline parvient pourtant à les faire interagir et avoir des relations presque amicales, alors qu’en temps normal, dans le rythme habituel et effréné de nos vies, ils n’auraient jamais, ô grand jamais, fini amis ou amants.

L’auteure pousse donc ses personnages dans leurs derniers retranchements. Elle pose la question de manière très pragmatique : comment vivre sans toutes les facilités que notre mode de vie occidental nous apporte ?

Le malaise qui s’installe au fil du récit vient aussi de là. Ce décalage total, cette remise en question, en cause, de notre mode de vie. Mais aussi une note très optimiste : la Terre pourra revenir à la vie, après nous.

Ici, s’il y a du fantastique, il ne se situe que dans la question du comment. Comment ils se sont retrouvés seuls sur cette planète ? Comment tous les autres ont-ils disparu ? La réponse s’avère bien vite inutile, car là n’est pas le propos du livre. En bref, ne vous attendez pas à de grands complots nihilistes, à une attaque de zombies ou d’aliens, à une erreur scientifique, à de grandes scènes d’affrontement.

Ce roman m’a fait penser à la trilogie de Nick Sagan (Idlewild, Edenborn, Everfree), ou à Dans la Forêt de Jean Hegland. Il a un message très fort à nous faire passer et n’a certainement pas l’intention de nous laisser nous replonger dans notre aveuglement, dans la facilité de notre train-train quotidien.

J’ai tout particulièrement aimé la fin de ce roman, que j’ai trouvée forte et marquante.

Le style d’écriture, lui, ne m’a pas transportée, mais il fait son job. Les idées sont là, bien exprimées. Les dialogues fonctionnent, retranscrivent bien les émotions et caractères. Quelques scènes m’ont collé des frissons (le chien, par exemple :() ou suscité de très fortes émotions.

Finalement, après avoir observé les personnages pendant quelques longs premiers chapitres, je me suis laissé happer par l’histoire, si bien que je peux dire que c’est un coup de cœur d’un point de vue narratif, mais pas tout à fait sur le style. Je vous le conseille si vous aimez les récits psychologiques plus que de science-fiction. 🙂

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