dryades

Dryades

Tiffanie Vande Ghinste

♦ éditeur : la Boîte à Bulles ♦

♦ collection : clef des champs ♦

♦ nombre de pages : 88 ♦

coup de cœur

Les + :

  • les décors bruxellois que l’on reconnaît
  • le côté poétique

les – :

  • trop court !
  • les perspectives

Résumé :

Qui a dit que les sorcières vivaient encore dans les bois ?

Yacha, rêveuse et craintive, rencontre Rudica, étrange fille qui semble tout droit sortie d’un conte de fées. La puissance de leur amitié leur donne l’envie d’embellir la ville et de soigner les plantes et les gens.

Mais l’inexplicable et le mystère font peur…

Avis :

Tiffanie fut ma collègue pendant quelques années, on peut donc dire que j’étais déjà vendue avant même d’avoir ouvert Dryades ! Car il est vrai que, à mon goût ou non, j’aurais dans tous les cas défendu son travail. J’ai eu la chance de voir quelques planches originales quand Tiffanie travaillait encore dessus, et j’ai vu la passion de l’auteure la guider dans son évolution.

Le projet est d’abord sorti en financement participatif sur Ulule, puis est arrivée cette magnifique opportunité pour ma collègue : la signature du contrat d’édition ! Bien entendu, je ne pouvais pas passer à côté de son travail, alors même si j’achète très peu de BD, j’ai craqué. 🙂

Dryades est une histoire poétique, servie par des illustrations originales, élégantes et échevelées. L’histoire de Yacha et Rudica a quelque chose de magique et d’irréel.

J’ai adoré ces deux personnages si complémentaires. Yacha est très créative et rêveuse, mais elle vit dans la société, elle en accepte les contraintes et tente de s’en accommoder. Rudica est plutôt tout l’inverse à ce niveau. Elle « semble tout droit sortie d’un conte », et d’ailleurs, c’est en racontant une histoire loufoque de captivité dans une tour qu’elle se présente à Yacha pour sous-louer la chambre du colloc’ toujours absent.

Une grande histoire d’amitié naît directement entre les deux filles. Rudica, connectée au monde – mais pas par un smartphone – et à la nature, se révèle avoir une main magiquement verte. Enfin, est-ce juste Rudica, ou bien est-ce la présence combinée des deux filles dans cet appartement de la capitale qui déclenche la croissance des plantes ? Les dessins de Yacha, quant à eux, paraîtraient presque vivants.

J’ai beaucoup aimé cette transposition de la sorcière dans notre société actuelle. Rudica et Yacha sont des filles intelligentes. Elles possèdent une intelligence du monde, une connexion avec celui-ci, qui nous fait défaut aujourd’hui, à beaucoup d’entre nous. Surtout dans nos villes à la terre étouffée par le pavé et le bitume. Leurs massages et leurs tisanes valent bien mieux que des rendez-vous répétés chez les médecins et kinés. Elles ont trouvé une voie qui leur est propre et qui fonctionne.

Pourtant, le monde n’est pas toujours un lieu bienveillant. Et ceci apparaît aussi dans leur histoire.

Le dessin retranscrit très bien le message que nous fait passer l’auteure : tout est dessiné au crayon gris, à l’exception des plantes de Rudica, d’un vert éclatant qui vient coloniser les pages peu à peu, et des dessins de Yacha, rouges vifs, qui ne seront pas en reste pour envahir les pages.

Certaines planches très poétiques représentent des motifs tracés avec soin et patience. On sent l’amour dans le geste du crayon (sauf pour les perspectives, parce que bon, tant qu’on reconnaît les quartiers de Bruxelles, tout va bien :p), dans le traitement des motifs répétitifs et dans les matières (nuages, pluie, pavés, tapis, etc).

Il y a aussi quelques touches d’humour, même si ce n’est pas le point fort de cette BD.

J’ai trouvé, en tournant la dernière page, que cette histoire aurait pu continuer encore. J’aurais voulu avoir des réponses sur ce qui leur arrivera par la suite. Voir l’évolution de Yacha. Mais d’un autre côté, la fin tombe juste comme il faut, élégante et subtile.

En résumé, Dryades est un très beau conte urbain, qui parle de nature, de tisanes, de massages et de rêves. Cette histoire vous fera un bien fou, par ses messages, mais aussi par ses illustrations pleines de charme. Bravo, Tiffanie, pour ce magnifique ouvrage. ❤

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