la-faucheuse-tome-2-thunderhead

La faucheuse #2 : Thunderhead

Neal Shusterman

♦ éditeur : Robert Laffont (collection R) ♦

♦ nombre de pages : 571 ♦

♦ genre : dystopie ♦

coup de cœur

les + :

  • La psychologie des personnages
  • l’univers

Les – :

  • je veux la suite ! ❤ (oui, c’est un point négatif >.<)

Résumé :

(attention aux spoilers, c’est un second tome :p)

Dans la société parfaite crée par l’Homme et le Thunderhead, une révolution approche. Dans ce monde où les humains ne peuvent plus mourir grâce aux performances incroyables de l’IA qui contrôle l’humanité, les faucheurs occupent un rôle essentiel, de régulation de la population, mais aussi de barrage à la folie. Du moins, c’est ce que ces faucheurs devraient représenter si tout se passait comme prévu…

Le Thunderhead a volontairement cédé tout pouvoir de vie et de mort aux humains. Il ne veut pas s’en mêler. Il sait qu’il ne doit pas manipuler ce genre de pouvoir, au risque de s’aliéner la confiance des humains. Il se considère parfait – du moins, son système de raisonnement devrait l’être. Bienveillant envers les hommes et femmes vivant sur terre, il met tout en oeuvre pour les protéger.

La seule chose qu’il ne contrôle pas ? Les faucheurs. Et les faucheurs sont humains, bien plus imparfaits que le Thunderhead…

Dame Anastasia – Citra – est pourchassée par des gens qui la veulent morte. Elle représente une voix forte et puissante dans la communauté des faucheurs. Elle risquerait de mettre en péril les plans de la nouvelle génération, les partisans du terrible Maître Goddard. Accompagnée de son mentor, Dame Curie, elle va tout tenter pour sauver la communauté des faucheurs de Midamérique du Chaos.

Maître Lucifer, le faucheur déchu, tentera de l’aider comme il peut.

Le Thunderhead n’avais jamais jusqu’alors ressenti de manière négative l’étendue de ses angles morts…

Qui pourra sauver l’humanité, cette fois ?

Avis :

L’année dernière, au mois de mars, j’ai dévoré le premier tome de la trilogie (dont vous pouvez retrouver la petite chronique par ici). J’ai directement accroché à l’univers, que je trouvais riche, intéressant, bien pensé. L’auteur ne se contentait pas de raconter un récit d’aventure classique, il nous plongeait dans des dilemmes moraux, des réflexions philosophiques sur la nature de l’être humain, la vie, la mort, la compassion, le sens de la vie.

Alors forcément, au mois de mars, malgré la vague de nouveautés que j’attendais depuis l’année dernière (surtout des tomes 2 : la lectrice, la passeuse d’âmes, shades of shadows, les puissants), je n’ai pas pu résister à acheter celui-ci. 🙂 Un bon petit pavé de presque 600 pages à ajouter à ma PAL qui débordait déjà…

Et je l’ai dévoré en quelques jours. L’univers se remet rapidement en place dans la tête du lecteur, car abordé de manière suffisamment simple pour être vite intégré. On retrouve avec plaisir Citra et Rowan, même si leur situation n’a rien d’enviable. Le Thunderhead, certes déjà présent dans le tome 1, prend une place prédominante dans ce second volume, et on adore ça.

L‘évolution psychologique des personnages est fluide, crédible. On se laisse porter par leurs doutes, leurs interrogations, leurs luttes intérieures entre justice, éthique et morale. Même le Thunderhead devient attachant en tant que personnage. On ressent sa bienveillance pour l’humanité, sa faculté à être attentif à chacun, à percevoir le souffle de l’humanité dans ses observations incessantes. On le sent aussi plongé dans une forme de déni. Il ne cesse de répéter qu’il ne fait jamais d’erreur, qu’il possède un jugement parfait, irréprochable… Jusqu’au moment où… 🙂

Neal Shusterman questionne aussi la notion de divin, de perfection. Mais contrairement à la plupart des récits mettant en scène des IA tout puissantes, il ne vire jamais dans le dramatisme exagéré, dans le scénario catastrophe, dans la paranoïa ou le discours alarmiste.

En revanche, il nous met en garde encore une fois contre nous-mêmes. Contre notre nature intrinsèque.

Comment vous dire que j’ai adoré les thèmes abordés ? 😀

L’histoire en elle-même recèle bien des surprises ! De nouveaux personnages arrivent, tandis que les anciens continuent sur leur voie. Les chemins se croisent et se décroisent. Les complots se font dans les ombres, et même par-delà la mort. On en apprend beaucoup plus sur la communauté des faucheurs, sont fonctionnement, sa hiérarchie et sa politique.

Le seul petit détail moins cool dans ce tableau idyllique, c’est le style d’écriture. Je sais, je suis difficile, probablement trop, surtout face à un roman YA. Je devrais définitivement arrêter de lire des traductions, même si le texte était pour une fois assez propre. :p Je trouve le style un peu trop léger, bien que soigné.

Je pourrais pointer du doigt un autre élément négatif : pourquoi la suite n’est-elle pas encore sortie ?? C’est quoi, ce cliffhanger de fin ?? 😀

En résumé, si vous avez apprécié la lecture du premier tome, vous aimerez sans aucun doute celui-ci, qui va plus loin dans la psychologie des personnages, dans la réflexion posée par le texte. L’histoire aussi s’approfondit vraiment, devient plus riche, plus nuancée. Un roman qui se lit vite en dépit de son épaisseur, et qui vous laissera en arrière-goût un besoin viscéral de connaître la suite des mésaventures de Rowan et Citra.

Publicités