Project Viper Rising T1
Ancienne couverture

Project Viper #1 : Rising

Ellen Raven Martin

♦ éditeur : Era éditions ♦

♦ nombre de pages : 219 (numérique) ♦

♦ genre : cyberpunk ♦

agréable lecture

les + :

  • l’univers bien travaillé
  • les scènes de torture mentale

les – :

  • des personnages peu attachants au départ
  • un début trop édulcoré

Résumé :

Le temps est venu pour un nouvel ordre mondial. Les conflits armés font le bonheur des marchands de mort, membres de l’organisme qui chuchote à l’oreille des grands de ce monde. On crache sur son nom, Conglomérat, tout comme on s’incline face à son gigantisme. Des cendres des États-Unis est née la Fédération, amalgame de quatorze Districts gouvernés par la despotique et non moins sulfureuse Présidente Erika Lawson. Face à la rébellion qui fait rage, celle-ci doit prendre des mesures drastiques. Le Conglomérat se rencontre à l’occasion d’un nouveau sommet. Il décide de lui fournir l’avenir. Cyborgs de guerre ou machines douées d’une âme humaine, le nom de ces créatures reste incertain. Une chose est certaine : ce sont des Vipers. Car tous sont membres du Project Black Viper.

Avis :

Project Viper est doté d’un univers très dense, très compliqué à résumer, qui a l’air de s’appuyer grandement sur la culture jeux vidéo. J’ai reconnu surtout la marque de Deus Ex, du pur cyberpunk.

Ellen en utilise d’ailleurs tous les poncifs classiques : états et multinationales qui s’affrontent pour le pouvoir dans un monde exsangue, où les pauvres sont toujours plus pauvres et les riches toujours plus riches ; technologies hyper avancées ; humain déshumanisé. Au départ, le lecteur découvre le côté des rebelles à l’ordre établi, qui se battent pour le respect de l’être humain, la justice, et qui rejettent les inégalités. Ensuite, l’auteure nous emmène du côté des puissants, où il est normal d’avoir des jambes cybernétiques, des mains améliorées, des greffes de métal de tous les côtés. Le cyborg est présenté à nouveau comme le prochain stade d’évolution de l’Homme. Le dernier stade, même, si l’on en croit Aryan Turner.

en tant que rôliste, j’ai aussi très rapidement remarqué dans l’écriture d’Ellen ce côté jeu de rôle. Les personnages qu’elle nous présente existent depuis longtemps en dehors de ce roman. Parfois, c’est plutôt positif car cela leur donne une dimension plus palpable. Leurs comportements sont la somme d’une série d’événements produits au préalable. L’histoire est donc au service de ses personnages, clé centrale du récit. Elle nous raconte, après tout, la création des Black Vipers, donc la façon dont ils ont été sélectionnés et le processus subi ensuite pour briser leur mental, les reconstruire et les améliorer.

À cela, je vois du négatif et du positif. Le côté négatif, c’est qu’en raison de l’historique des personnages avant la rédaction du roman, on a l’impression que les premiers chapitres nous résument l’épisode précédent – que l’on n’a pas lu, bien entendu. On est largué dans le monde sans aucune clé pour le comprendre, les premières scènes s’enchaînent avec de mauvais raccords, jusqu’au moment où Skylar se fait emprisonner par les gars d’Harmattan. Alors là, !a devient intéressant.

Le côté positif, c’est comme je le disais l’aspect psychologique des ses personnages. Même si je n’ai pas aimé Skylar ni Blayne (un peu trop archétypal à mon sens), j’ai apprécié l’évolution de leurs comportements lors de leur emprisonnement. J’ai beaucoup aimé le contraste entre Skylar, brisé psychologiquement, et Blayne, dont une partie des souvenirs ont simplement été effacés.

Le positif aussi, c’est la quantité de personnages qui interviennent, qui donnent du coup un côté très vivant à l’univers, même s’il manquait encore de détails selon moi, parce que du coup au début on est complètement largués aussi. :p

J‘ai beaucoup plus apprécié le dernier tiers que les deux premiers, car j’ai trouvé que le style de l’auteure s’affirmait, l’histoire se mettait enfin en place. Pas de bol, à la fin on se tape la présentation en flash-backs de tous les autres protagonistes, et j’ai trouvé ça dommage, parce que ça brisait le rythme de l’histoire.

Au niveau du style, je n’irai pas trop loin dans ma critique. Je sais que ce roman est le premier d’Ellen, avec ses défauts typiques. Je mentionnerai le changement du niveau de vocabulaire dans les scènes violentes, qui m’arrachait à ma lecture. Des tics d’écriture à gommer, des tournures pas tout à fait correctes. Mais dans l’ensemble, j’ai plutôt apprécié sa plume (sans quoi j’aurais juste lâché le roman après les cinquante premières pages, je le reconnais :p).

Le cyberpunk est un de mes genres favoris dans l’imaginaire, même si j’en lis très peu. Je trouve qu’il faut beaucoup de maîtrise pour se lancer dans ce genre de récit, des connaissances scientifiques, mais aussi une plume solide pour supporter la richesse de l’univers à faire vivre. Pour moi, le roman aurait gagné de la profondeur si l’auteure avait pris son temps, au début, pour nous décrire les ambiances, les personnages et leurs interactions.

Malgré tout, à la fin, j’ai dévoré les derniers chapitres, et je lirai certainement la suite pour voir ce qu’Ellen a prévu de faire subir à ses petits Vipers sortis de la coquille. ^^

En conclusion, Project Viper est un roman plein de détails et de potentiel. Si vous aimez le cyberpunk et que vous vous lancez dans l’aventure, n’ayez pas peur en lisant les premières pages. L’histoire gagne en richesse et intensité au fil de la lecture, même si elle n’est pas dénuée des défauts d’un premier roman. J’ai passé un bon moment dans un univers dense et pas facile à maîtriser. J’attends donc de lire la suite, pour voir si Ellen continuera à me surprendre. 🙂

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