faiseur de reves

Le faiseur de rêves #1

Laini Taylor

éditeur : Lumen

traducteur : Sarah Dali

nombre de pages : 663

genre : fantasy

coup de cœur

les + :

  • un univers riche
  • des personnages attachants

les – :

  • un peu trop centré sur la romance

Résumé :

C’est le rêve qui choisit le rêveur, et non l’inverse…

Lazlo Lestrange, orphelin, nourrit depuis l’enfance une fascination pour une ville de légende qui a coupé tout contact avec le reste du monde un siècle plus tôt. Un jour, alors qu’il joue au guerrier mythique de cette contrée disparue, il oublie soudainement le nom de cette cité tant chérie. Instantanément. Et ce n’est pas sa mémoire qui lui joue des tours, il le sait. Dès cet instant, il ne peut plus l’appeler que Désolation…

Un jour, par un heureux hasard, il se retrouve engagé dans la plus grande Bibliothèque du monde à Zosma. Là, il approfondit ses connaissances de la ville maudite sur base de toutes les lectures qu’il trouve à son sujet. Il rêve de pouvoir un jour découvrir de ses propres yeux ce lieu presque mythique, mais sait que ce souhait restera à jamais hors de portée…

Des années plus tard survient un événement qui va changer sa vie du tout au tout. En effet, Désolation semble être sortie de sa léthargie et reprend contact avec le reste du monde. Une délégation passe dans les grandes villes afin de recruter des savants. Dans quel but ? Lazlo l’ignore, mais il sait qu’il ne veut pas laisser passer cette chance.

Avis :

Lassée de tomber toujours sur les mêmes archétypes de fantasy américaine traditionnelle, j’avais un peu lâché le genre pour me focaliser sur les dystopies et la SF, en faisant parfois quelques incartades du côté urban fantasy ou littérature blanche. Depuis que je me trouve de l’autre côté de la barrière, je vois beaucoup de jeunes auteurs qui se précipitent sur ce genre de littérature avec l’impression exaltante qu’eux aussi pourront créer leur propre univers de fées, de dragons et d’elfes.

Moi-même, à l’adolescence, je ne prêchais que par les créatures féeriques, les guerres sanglantes et la magie éblouissante. J’ai fait quelques essais (très) infructueux de ce côté-là avant de me rendre compte qu’en toute honnêteté, ce genre ne me convenait pas du tout. Enfin, pas encore.

C’est pourquoi, lassée de voir toujours ces mêmes clichés, j’avais voulu changer d’horizon. Cette pause m’aura fait du bien, car je retrouve les thèmes de la magie avec beaucoup plus de plaisir qu’avant. Mais cela ne doit pas vous laisser entendre que j’ai mis mon esprit critique de côté pour lire le Faiseur de Rêves et que, partant de là, je n’ai peut-être pas vu ses défauts.

L’histoire et le style de la traduction n’en sont pas dépourvus, mais on est surtout là pour parler du positif, admettons-le. 🙂

L’histoire débute directement sur une mort étrange, que l’on pourrait croire appartenant à un rêve plus qu’à la réalité, puisqu’elle met en scène une femme à la peau bleue et des papillons de nuit qui tentent de la sauver. Le mystère est ainsi posé dès le prologue. Pendant longtemps, dans le bouquin, on ne peut deviner à quoi se rapporte cette scène. Avant ? Après ? Réelle ? Fantasmée ? Meurtre ? Mort accidentelle ? Ces questions, bien évidemment, sont au centre du récit, mais celui-ci contourne le sujet habilement jusqu’à sa résolution.

J’ai adoré la façon dont l’auteure joue avec ses lecteurs. Elle donne des indices, les sème minutieusement au fil du livre, et trame patiemment le songe ainsi présenté.

Son univers est très bien construit, et sa plume met en exergue le côté merveilleux de celui-ci, par l’usage de descriptions métaphoriques admirablement dosées. J’ai vraiment adoré la plume, que je trouve poétique et charmeuse, comme un rêve.

Je me suis vite attachée aux personnages de Laini. Ils possèdent tous une profondeur intrigante qui donne envie au lecteur de mieux les connaître, même les personnages secondaires. J’ai adoré Lazlo, Eril-Fane, Sarai. J’ai adoré faire la rencontre des guerriers Tizerkanes, de Mynia et Thyon, et de tous les autres. La force de l’auteure, en plus de la poésie de ses mots, c’est sa finesse dans la façon d’aborder la psychologie des personnages. L’auteure maîtrise le « Show, don’t tell ». Rien n’est imposé au lecteur, c’est à lui de rencontrer les protagonistes, de se faire à leur caractère. Du moins l’ai-je ressenti de cette manière.

L’histoire en elle-même est atroce. L’auteure ne décrit jamais les atrocités qu’elle évoque, mais sa force d’évocation suffit largement, croyez-moi. Pourtant, elle contient aussi beaucoup d’espoir, un message très fort que nous devrions tous entendre, peu importe l’époque ou le lieu : la vengeance n’est pas et ne sera jamais la seule solution face à l’horreur. Le savoir et la connaissance permettent d’abattre les murs du préjugé et de la rancune.

Je dis dans les points négatifs que la romance est trop présente… mais c’est clairement une question de goût. 🙂 La romance trouve parfaitement sa place dans ce récit, elle s’imbrique dans les problématiques et leur donne une dimension supplémentaire. Elle ajoute des enjeux et des motivations, rythme le récit. Là où, moi, j’en suis ressortie frustrée, c’est que j’avais encore envie de découvrir plus avant cet univers, sa richesse, ses merveilles, et que dans une partie du récit, je me suis retrouvée coincée entre ces deux personnages avec l’impression de tenir la chandelle pendant qu’ailleurs, des choses importantes se passent.

Pourtant la fin m’aura donné tort.

Je veux la suite, genre, tout de suite, s’il vous plaît. 😀

En conclusion, ce roman a vraiment été une bouffée d’air frais pour moi, autant au niveau de l’écriture (une traduction, rappelons que je n’aime pas trop cela, en général) qu’au niveau de l’histoire. Pour moi, ce roman est à découvrir absolument, probablement ma meilleure découverte de ces derniers mois. J’ai cru que la belle couverture cacherait une histoire banale, eh bien j’ai une fois de plus appris que l’on ne juge pas un livre à sa couverture. J’ai adoré ses magnifiques personnages, j’ai ri et pleuré avec eux, j’ai eu peur et frissonné en leur compagnie. J’ai apprécié la profondeur des messages que transmet l’auteure dans ses pages. Merci Laini Taylor, pour ce magnifique ouvrage. ❤

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