I Still Dream

I Still Dream

James Smythe

éditeur : Borough press/Harper Collins

nombre de pages : 386

genre : science-fiction

points forts :

  • les émotions
  • la construction du récit

points faibles :

  • confusions dans les changements de point de vue

Résumé :

Le père de Laura a disparu du jour au lendemain alors qu’elle n’avait que sept ans. Il lui a cependant laissé un héritage qui la suivra toute sa vie : la passion pour l’informatique. a dix-sept ans, alors qu’elle se débat avec l’adolescence et la dépression, elle se plonge corps et âme dans son projet informatique, Organon. Ce programme, pas tout à fait une IA, est son ami imaginaire, son confident, son projet.
Elle tient à travailler seule sur sa création, mais un jour, celle-ci tombe entre de mauvaises mains.
Au fil des années, l’informatique évolue à une vitesse totalement inattendue, offrant un monde virtuel toujours plus étendu, toujours plus efficient. Mal utilisée, l’IA pourrait devenir un monstre incontrôlable… mais elle pourrait apporter aussi beaucoup de bien à l’humanité. Peut-être la soigner d’une évolution trop rapide, incontrôlée.

Avis :

I still dream est un livre étrange, plein de subtilités et d’émotions. Avant même de l’ouvrir, j’ai eu le sentiment que je devais le lire. Un besoin impérieux provoqué par la couverture colorée, intrigante, la phrase d’accroche et le quatrième de couverture.

Hello Laura. What do you want to talk about?

Les intelligences artificielles constituent un sujet fascinant, passionnant. Dans ce roman, l’auteur nous parle de ce concept en profondeur, mais dans un langage accessible, comme on parlerait d’art.

Au début, j’ai eu tout de même la crainte de ne pas trouver ce que j’espérais dans ce roman. La vérité, c’est que j’ai trouvé bien plus.

Dans les premières pages, nous suivons une Laura adolescente, qui parle de sa relation à sa mère, à son beau-père. Elle nous parle de sa souffrance et des problèmes typiques à son âge. Organon est peu présent, il n’est pas encore un personnage à proprement parler.

Donc, après avoir fait la rencontre de Laura et Organon durant l’adolescence de la première, nous allons la voir évoluer à travers plusieurs moments clés de sa vie, par des bonds de dix ans dans le futur. Par ce procédé, l’auteur nous montre la transformation du monde par rapport à l’informatique. Cependant, la narration reste en je, mais le narrateur change. J’ai été très perturbée par ce choix, au début, parce que j’avais du mal à comprendre qui nous parlait, parfois. Heureusement, cette décision de l’auteur prend toute sa valeur à la fin du récit, une fin brillante, je dois dire.

D’abord, l’informatique paraît quelque chose d’obscur au grand public. Puis une nouvelle source d’efficacité professionnelle. Puis un magnifique terrain de jeu, mais aussi une base de données en constante croissance. Puis… Puis l’avenir. Les bons et les mauvais côtés, les côtés sombres et les côtés dangereux. L’auteur explore toutes les facettes du monde virtuel, à travers la relation entre Laura et Organon, entre Laura et les autres, entre Organon et le monde.

Les personnages sont tous attachants, même les plus détestables. Ils restent profondément humains, malgré leurs erreurs et leurs défauts. Leurs émotions sonnent presque toujours justes. C’est pour moi le vrai point fort de ce roman. Il n’y a qu’un personnage qui m’a moins convaincue, c’est Cesar.

Mon personnage préféré est sans conteste Organon.  L’IA que développe Laura semble si bien pensée, si utile, si juste. Elle ne juge pas. Organon est partout, entre toutes les pages. Il observe en silence, il parle parfois. Il grandit au même rythme que Laura.

Le livre est bourré de références. Titres de chansons, films, séries, etc. L’auteur parle d’un monde connecté dans un récit connecté au monde. Si les premières pages rendent nostalgique, la bonne moitié du livre est glaçante de réalité, et la fin à la fois fascinante et effrayante.

En conclusion, I still dream est certainement un de mes coups de cœur de cette année. Il parle d’un sujet passionnant qui occupe notre quotidien sans même qu’on s’en rende compte. Les personnages de James Smythe sont bien posés, bien pensés. Chacun est efficace dans le récit dont la construction n’a rien de gratuit. Grâce à I still dream, je suis curieuse de découvrir les autres titres de cet auteur. 😀

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