Titre : Les Légendes Faës

  1. La chienne de l’ombre
  2. le Déchu
  3. Les Faradryl

autrice : Manon Elisabeth d’Ombremont

éditeur : L’ivre-book

Nombre de pages : 220, 266, 187 pages

genre : dark fantasy

Résumé :

Résumé du premier tome : Faëry, sous le règle de l’Empereur Fenrír. Melyan est une bâtarde. Mi-fomoire, mi-fée, elle a pour ambition de devenir une grande guerrière, digne de son héritage. Elyalë est une banshee. Magicienne aux pouvoirs terrifiants, elle est aussi la martyre de l’Empereur, son père. Tous les oppose, et elles se connaissent à peine. Pourtant, elles sont demi-sœurs. Un coup du sort les rapprochera, mêlé à un même désir : celui de survivre dans les ténèbres, et de ne surtout pas succomber aux promesses du dieu-dragon déchu.

Avis :

Je n’avais plus lu de medieval fantasy depuis un bon moment, puisque mon intérêt se tourne surtout vers la SF. :p Pourtant, j’étais très curieuse de ce que Manon avait écrit, en dehors du Nechtaànomicon et de Bratva. Je me suis donc lancée dans la lecture de sa trilogie, dont j’ai dévoré les tomes 2 et 3 en trois jours, si je me souviens bien. ^^

Manon connaît et maîtrise plutôt bien les codes de la fantasy. Elle présente des personnages bien définis avec des caractères tranchés, facilement reconnaissables (ce qui est utile quand on a beaucoup de personnages sur un récit relativement court), des quêtes, des objets magiques, des malédictions, des vengeances et des amours un peu tordues. Et n’oublions pas les dragons ! On peut dire que tous les ingrédients de base sont là. :p
Mais il y a plus que cela dans les légendes faës. De nouveau, l’autrice nous plonge dans un monde déconcertant, car régi par des codes sociaux et moraux différents de notre monde. Ses personnages, bien qu’humanoïdes, n’ont rien d’êtres humains normaux. La société des unseelies est violente, cruelle, amorale. Pourtant, parmi tous les portraits de personnages brisés et tordus que nous présente l’autrice, l’on décèle aussi un espoir, une naïveté, une douceur à des endroits insoupçonnés. J’ai adoré, par exemple, la relation qui unit Melyan à Telbrin, ou même le lien entre les deux sœurs.

Le point fort de cette trilogie, pour moi, ce sont ses personnages. Il n’y a que le dragon, Elcmar, qui m’a moins plu, simplement parce que je le trouve trop proche de l’archétype mégalomane qui revient dans les romans de Manon, par exemple Nechtaàn. Bien entendu, les deux personnages ont pas mal de différences, dont l’humour. :p J’ai bien aimé le peu que l’on a découvert du passé d’Elcmar, d’ailleurs, mais je suis un peu frustrée car j’aurais voulu en savoir plus sur l’histoire des dragons, avant l’empire unseelie. Je trouve aussi que de nombreux autres protagonistes auraient mérité une plus ample présentation.

L’autre point fort que je mentionnerai, c’est le ton de la narration. Manon nous présente un monde très sombre. Elle nous raconte une histoire dont aucun moment n’est plaisant. Elle parvient à maintenir la tension narrative, à accrocher le lecteur, tout en nous racontant les pires horreurs. J’y vois pourtant beaucoup d’espoir, comme je l’ai dit plus haut, parce que ses protagonistes n’abandonnent à aucun moment. Ils en viennent à se soutenir, se protéger, se défendre les uns les autres, malgré le destin qu’Elcmar a attiré sur eux (et même si ce n’est pas toujours volontaire). De plus, le narrateur s’adresse au lecteur (encore une fois, un peu comme dans le Nechtaànomicon, et en même temps, ce n’est pas du tout le même procédé narratif). Les interventions du narrateur permettent à l’autrice de faire des ellipses, de présenter des détails et informations que l’on n’aurait pas pu avoir autrement. Elle rend le lecteur complice de certains mystères par rapport aux personnages.

Les trois tomes se lisent très vite. c’est un point positif et négatif à la fois. Par exemple, dans le tome 2, quand elle nous présente de nouveaux protagonistes, il y a pas mal d’éléments que je n’ai pas compris tout de suite, par manque d’exposition à mon sens. J’ai donc lu ces passages en diagonale, me disant que je comprendrais mieux par la suite. Le format court est agréable, mais empêche parfois de vraiment plonger le lecteur dans le récit. J’ai trouvé, donc, qu’il y avait des failles narratives à certains moments, qui donnaient un air brouillon, même si cela ne m’a pas empêchée de comprendre le récit et ses enjeux.

En conclusion, j’ai beaucoup apprécié ma lecture de la trilogie de Manon. Elle a réussi à me transporter dans son univers, à m’attacher à ses personnages. J’ai dévoré la trilogie, malgré ses petites failles. J’ai hâte de découvrir d’autres récits de cette trempe – encore plus aboutis, j’espère. :p

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