Titre : Hong Kong Noir

Auteur : Chan Ho-Kei

traducteur : Alexis Brossollet

éditeur/collection : Folio policier/thriller

nombre de pages : 750

Résumé :

Hong Kong, 2013. L’inspecteur Kwan Chun-Dok, dit le « Divin Détective », est mourant. Des années durant, il a traqué les criminels sans relâche, au gré des bouleversements qui ont secoué la colonie. Aujourd’hui son partenaire vient lui demander une dernière fois son aide pour une enquête particulièrement délicate. Une enquête qui le ramène des années en arrière, en 1967, à l’époque où il cherchait à mettre un des plus dangereux membres des triades sous les verrous…

Thriller audacieux et envoûtant, Hong Kong Noir couvre un demi-siècle d’histoire, de rivalités, de jalousie et de vengeance, et dessine le portrait fascinant d’une ville en mutation permanente.

Avis :

Quand j’ai commencé Hong Kong Noir, je ne savais pas exactement à quoi m’attendre. Je lis peu de thrillers, et peu de littérature chinoise. De plus, je connais peu la culture chinoise, c’était donc pour moi l’occasion d’en avoir un petit aperçu.

J’ai bien vite découvert que Hong Kong est un peu à part. Comme vous le savez peut-être, cette ville était une colonie britannique (depuis le traité de Nankin) et a été rétrocédée à la Chine en 1997. Elle brille donc par ses différences, autant culturelle que politique et économique, avec le reste du pays, et elle est fortement teintée de culture occidentale. À travers ses nouvelles, l’auteur nous parle donc aussi d’une mutation sociale importante.

Hong Kong Noir est avant tout un recueil de plusieurs récits retraçant la vie de l’inspecteur Kwan Chun-Dok. À travers ces différentes enquêtes, le lecteur découvre l’évolution du personnage – de quelle façon il a acquis sa réputation de détective infaillible – mais aussi les individus qu’il a croisés dans sa vie et qui lui ont permis de devenir ce qu’il est. Ainsi donc, au centre de chaque histoire se trouve Kwan Chun-Dok, mais pas à chaque fois comme protagoniste principal, ce qui est une première particularité du récit.

L’histoire commence à la fin. La première nouvelle met en scène la « dernière enquête du divin détective », juste avant qu’il meure, après une longue vie intense et mouvementée à combattre le crime. Kwan Chun-Dok incarne ici le parfait exemple du « armchair detective ». Depuis son lit d’hôpital, alors qu’il n’est même pas éveillé, il va aider un autre détective, plus jeune que lui, à résoudre une affaire de meurtre. La façon dont l’histoire est racontée m’a ravie, un peu comme à l’époque où je dévorais les Agatha Christie.

Ensuite, les autres nouvelles vont remonter le fil de son histoire, retournant à chaque fois plus loin dans le passé. J’ai beaucoup apprécié cette construction, parce que pour moi, cela avait un rapport avec la façon dont on mène une enquête. On connait le résultat, et à l’aide d’indices, on tente de remonter dans le temps pour comprendre ce qui a mené les personnages à agir comme ils l’ont fait.

Les enquêtes sont bien construites, intelligentes et percutantes. J’ai retrouvé des ambiances d’univers que j’aime beaucoup entre les mots de l’auteur. Aussi, je n’ai eu aucune surprise en découvrant que Chan Ho-Kei est également développeur, scénariste, concepteur de jeux vidéo et éditeur. Un homme à multiples casquettes qui offre un récit riche, intense, bourré d’informations et références.

En conclusion, Hong Kong Noir est un recueil de nouvelles policières bien construit, intelligent et fascinant. Il nous plonge dans une ville en pleine mutation, au point de rencontre de deux cultures très différentes. Il m’a marquée pour ses nombreuses qualités, dont la finesse de perception de l’auteur qui transparaît dans ses mots.

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