titre : l’enfant de poussière

auteur : Patrick Dewdney

éditeur : au diable Vauvert

nombre de pages : 617

genre : medieval fantasy

Résumé :

La mort du roi et l’éclatement politique qui s’ensuit plongent les primeautés de Brune dans le chaos. Orphelin des rues qui ignore tout de ses origines, Syffe grandit à Corne-Brune, une ville isolée sur la frontière sauvage. Là, il survit librement de rapines et de corvées, jusqu’au jour où il est contraint d’entrer au service du seigneur local. Tour à tour serviteur, espion, apprenti d’un maître-chirurgien, son existence bascule lorsqu’il se voit accusé d’un meurtre. En fuite, il épouse le destin rude d’un enfant-soldat.

Avis :

Attention, gros coup de cœur en approche ! L’enfant de poussière fait partie de ces romans que j’ai achetés sans savoir de quoi ça parlait, juste que les critiques étaient très bonnes et qu’il avait obtenu un prix. Je l’ai pris au hasard, sur cette étagère, avec son tome 2 directement, comme si je risquais de trop vite tomber à court. Comme si j’avais déjà senti que ce livre me transporterait.

Pour moi, l’enfant de poussière est à la croisée des chemins entre le Seigneur des anneaux (pour sa richesse narrative, descriptive), Gagner la Guerre (pour un ton en je parfaitement maîtrisé) et les Salauds Gentilshommes (puisqu’on suit le héros à partir de son enfance). Il est à la croisée des chemins, certes, mais il creuse sa propre route.

L’histoire en elle-même n’est pas transcendante d’originalité, dans le sens où cela pourrait ressembler à de nombreux récits d’apprentissage de medieval fantasy classique, dans le genre du Magicien de Feist. Pourtant, les émotions éprouvées en sont bien loin. L’histoire est racontée en je, mais rétrospectivement par le narrateur. Il peut donc analyser avec un regard que l’on sent plus adulte des interactions entre enfants qui pourraient passer pour ennuyeuses autrement. Mais surtout, ce qui m’a fascinée, c’est la capacité de l’auteur à nous faire rentrer dans son univers peu à peu, sans brusquerie (l’avantage, ici, de l’aborder d’un regard d’enfant). En revanche, c’est un monde impitoyable, cruellement réaliste, dur, vivant.

On retrouve, selon moi, tous les éléments de la bonne fantasy chez Patrick Dewdney, et je pense que ça marche aussi bien parce qu’il a un univers extrêmement riche et vivant dans sa tête. Aucun personnage n’apparaît neutre au lecteur. On a envie d’en savoir plus sur tous, de comprendre leur caractère, d’aller découvrir leur petite vie. (j’ai eu un gros coup de coeur pour Hesse, évidemment, mais aussi pour les autres mentors de Syffe :p) Patrick Dedwney parvient à nous intéresser même avec les anecdotes les plus triviales, et j’adore ça. C’était la première fois depuis longtemps que je me plongeais dans un roman qui suscite en moi une telle production d’images mentales de lieux, d’ambiances, de scènes diverses.

S’il raconte l’histoire du point de vue de son héros, il se passe plein de choses dans la vie de celui-ci, ce qui fait que l’on n’a pas vraiment le temps de s’ennuyer. Plusieurs religions se dessinent dans ce premier tome, ainsi que des tendances et complots politiques. Syffe va également être confronté à la mort, et « plus qu’à son tour ». Patrick Dewdney véhicule très bien, je trouve, les émotions qui traversent son héros à la découverte de chacune de ces morts, d’ailleurs.

Et enfin, j’ai beaucoup aimé la façon dont l’auteur laisse sous-entendre qu’il existe des forces magiques ou mystiques qui dorment quelque part. Syffe les frôle plusieurs fois sans jamais s’y plonger dans ce premier tome. Est-ce que la magie existe ? Que signifient les indices laissés par l’auteur ? J’ai hâte de lire le tome 2 pour en savoir plus ! (Dommage qu’il soit moins épais, d’ailleurs xD)

Mais tout cela ne marche que parce que l’auteur a une plume délicieuse à dévorer. Son pouvoir évocateur vous séduira aussi, je l’espère. 😀

J’ai d’ailleurs eu la chance de rencontrer Patrick Dewdney à Trolls et Légendes 2019 à Mons ! J’ai donc pu lui dire à quel point j’avais adoré son roman (je l’aurais bien menacé pour écrire plus vite, mais je sais que ce n’est pas très efficace en général… huhu !) et le faire dédicacer mon exemplaire (Le précieuuuuux !).

En conclusion, vous l’aurez compris, j’adore l’enfant de poussière, j’adore Patrick Dewdney et j’ai tellement hâte de me replonger dans son univers ! Le cycle de Syffe, c’est le genre de récit de fantasy, de grande saga, qui vous transporte et vous transperce par la justesse de ses mots, par l’éventail de ses thèmes, par la poésie de ses voyages. C’est un roman d’une rare qualité que je vous enjoins à lire sans tarder…

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