Titre : Vicious #1 : Evil

Éditeur : Lumen

Nombre de pages : 533 pages

Genre : Science-fiction (Young Adult)

Résumé :

Le combat du mal contre le mal absolu.

Autrefois, Eli et Victor étaient les meilleurs amis du monde. Mais cette époque est bien finie. Elle est même… morte et enterrée. À la fac, Eli le brun et Victor le blond partagent la même chambre. Ils sont inséparables et pourtant absolument aux antipodes l’un de l’autre. Victor, c’est l’ombre : complexe et torturé, il passe ses journées à noircir les ouvrages de développement personnel de ses parents pour laisser apparaître des slogans d’un pessimisme saisissant. Eli, c’est la lumière – un garçon fascinant, doté de toutes les qualités, charismatique et solaire. Pourtant, sous la surface lisse du visage parfait de son ami, Victor entrevoit des démons inavouables. Et il n’est pas au bout de ses surprises… 

Car un jour, Eli fait la découverte du siècle : des pouvoirs surhumains semblent se manifester chez ceux qui ont subi une expérience de mort imminente. On les appelle des EO – pour  » ExtraOrdinaires « . Aveuglés par l’ambition et la curiosité, les deux amis se lancent un défi insensé : celui de frôler la mort pour percer ce mystère. Malheureusement, leur tentative tourne au désastre. Dix ans plus tard, Victor croupit en prison, tandis qu’Eli est acclamé en héros. Mais ce que le monde entier ignore, c’est que le véritable monstre rôde dehors, en toute liberté… 

Avis :

V.E. Schwab est une autrice que j’apprécie, puisque j’avais beaucoup aimé sa série précédente, Shades of Magic (ou du moins les deux premiers tomes. Je n’ai toujours pas lu le troisième, en partie à cause du fait qu’il est tellement épais et lourd, mon dieu !). À la bonne sauce américaine, elle sait construire ses romans, de manière efficace et calibrée.

Avant de lire Vicious, ce côté « taillé sur mesure » ne m’avait pas sauté aux yeux. J’avais apprécié le premier tome de sa série sur les Londres magiques, parce que j’y avais retrouvé de l’action, de l’intrigue, du suspense et une relation amoureuse qui ne virait pas guimauve et miel avant la fin du bouquin. De plus, le scénario se clôturait de façon satisfaisante.

Avec Vicious, je m’attendais à quelque chose d’au moins aussi bien construit. En lisant le résumé, puis en découvrant le roman, je l’aurais qualifié de Young Adult, même si visiblement son éditeur en VO considère ce roman beaucoup plus sombre et mature (et donc pas à classer en YA). Mais pour moi, il ne suffit pas de dire qu’on aborde des thèmes plus durs pour qualifier un roman de « pour adulte ».

Le style de V.E. Schwab n’a pas changé : elle écrit avec efficacité, sans surplus de descriptions, avec des dialogues courts et directs. Elle va droit à l’essentiel, ne s’embarrasse pas de longues descriptions. Cela rend son écriture dynamique et prenante, parce que facile à suivre, à avaler. La lecture de Vicious ne m’a pas demandé d’efforts (et parfois, c’est sympa de pouvoir mettre son cerveau sur off :p). En revanche, j’ai encore trouvé pas mal de fautes, dont de traduction, dans ce roman (ce qui est dommage venant d’une maison d’édition spécialisée dans les traductions =/).

Les personnages dans Vicious m’ont semblé beaucoup plus faibles que dans Shades of Magic. Eli devrait être le meilleur ami de Victor, mais même dans leurs souvenirs de l’époque de la fac, je n’ai pas vu deux amis, seulement deux rivaux qui se gardent sous le coude au cas où. Le triangle amoureux ressemblait plus pour moi à un élément de scénario essentiel qu’à une véritable dynamique entre personnages, puisque c’est à cause de « la fille » que tout part en cacahuète et que Victor se retrouve en prison. Eli est décrit comme quelqu’un de solaire et magnétique, mais je l’ai détesté dès les premières pages, je l’ai trouvé vaniteux et faible. Victor, au contraire, m’a directement plu, et c’est sans aucun doute pour lui que je suis allée jusqu’au bout du roman, jusqu’au final que l’on attendait depuis au moins la moitié du roman. Mitch, qui a pourtant fait de la prison avec Victor et le suit partout depuis, n’a aucune présence dans l’histoire. Les deux sœurs servent juste de faire-valoir aux héros, et de temps en temps à utiliser leurs pouvoirs super balèzes.

Evil nous raconte une histoire pas si époustouflante que ça, quand on y réfléchit sérieusement. Vicious, c’est le genre de bouquin qui se bouffe, qui s’engouffre, et ça peut être une qualité, définitivement, parce qu’au moins, tu es sûr de le lire jusqu’au bout. Mais cette construction addictive, pour moi, n’est de nouveau qu’une construction. L’histoire d’Eli et de Victor est racontée grosso modo en deux axes narratifs : aujourd’hui, peu avant le Grand Finale (prononcer avec l’accent anglais :p), et une série de flash-backs servant à expliquer qui est qui et pourquoi Eli tient tant à se venger de Victor. La construction du récit est vraiment réussie à ce niveau, dans le sens qu’elle crée une tension narrative que seule la lecture de la suite pourra assouvir. Bien, donc. L’aspect négatif de cette construction, c’est qu’au début, on ne comprend rien du tout, rien n’est expliqué, il n’y a pas d’exposition, il n’y a que du « Show, don’t tell ». (Donc pourquoi ne pas en faire un film ?) Mais pour moi, c’est un des éléments qui, après coup, masquent une histoire un peu vite bâclée. C’est de l’artifice.

J’ai pourtant beaucoup aimé la scène finale, qui était exactement celle que j’attendais. En revanche, j’ai remarqué une grosse incohérence dans les derniers chapitres, et de nouveau, ce fut une énorme déception, parce que si je trouvais déjà certains éléments trop vite brossés, certaines scènes manquant de crédibilité, cette erreur de scénario a pour moi été rédhibitoire : je savais que je ne lirais pas le tome 2.

La fin de ce premier livre intitulé Evil me convient tout à fait telle qu’elle est. Il n’y a pas besoin de suite ! pourquoi en faire plus ? La construction narrative en deux temps a bien fonctionné ici, mais marchera-t-elle une deuxième fois ? Et un changement de structure narrative sera-t-il une réussite ? Quoi qu’il en soit, et bien que j’aie vraiment adoré certains éléments de ce roman, Victor et Eli continueront leur petite vie sans moi. ^^

En conclusion, pour moi Vicious fut un roman Kleenex : vite acheté, vite lu, vite aimé, vite oublié. Sans conteste, il a des qualités car il a bien été pensé en amont, au niveau de sa structure scénaristique (si l’on oublie la grosse incohérence à la fin), mais il souffre également de pas mal de défauts, dont un faux côté mature et sombre. C’était au moins aussi réussi que la saison finale de Game of Thrones. :3

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